Les sympathisants de l'UMP ne pardonneraient pas un recul

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La ténacité de Dominique de Villepin ne s'explique pas seulement par sa volonté de s'attaquer au chômage des jeunes. Si le Premier ministre maintient envers et contre tout son contrat première embauche, c'est aussi pour ne pas décevoir les électeurs de l'UMP. Et, par ricochet, pour ne pas hypothéquer ses ambitions présidentielles, tributaires de l'investiture du parti, qu'il espère obtenir aux dépens de Nicolas Sarkozy.

Le sondage BVA-La Dépêche du Midi publié ce matin est éloquent. La France est coupée en deux. Les sympathisants de gauche sont 85% à souhaiter le retrait du texte, 12% à désirer son maintien. Les sympathisants UMP sont 71% favorables à son maintien, 26 % à son retrait. Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, voit trois explications à cette exigence de fermeté des électeurs de droite. « Ils jugent que la mesure est bonne. Ils ont un réflexe légitimiste par rapport au gouvernement. Ils ont un réflexe de solidarité envers leur camp. »

Autant que des simples sympathisants, Villepin doit se préoccuper des adhérents de l'UMP. « Il a clairement choisi le terrain de l'emploi pour leur montrer qu'il est plus réformateur et plus volontaire que Sarkozy », souligne Sainte-Marie, selon lequel deux logiques s'affrontent. « Soit il retire le CPE et prend le risque d'être exclu de la course à l'investiture UMP à la présidentielle. Soit il décide de tenir, et la question est de savoir s'il ne met pas en péril la victoire de la droite en 2007, quel que soit son candidat. » Stéphane Colineau

soutiens La majorité parlementaire, le gouvernement et l'UMP font officiellement bloc autour de Dominique de Villepin. Mais les premières lézardes sont apparues ces dernières heures. Cette réforme est « un peu aventureuse », a jugé Patrick Devedjian, fidèle de Nicolas Sarkozy. Un autre de ses proches, député, décrypte. « On est favorables au CPE, mais pas question que Nicolas prenne des coups en soutenant une mesure décidée sans concertation par Villepin. » Pour cet élu, « on n'est pas les seuls à être prudents dans notre soutien. Chirac l'est tout autant. »