La grève massive, nouvelle menace brandie par les opposants au CPE

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Mobilisation générale. La semaine s'annonce à très haut risque pour le gouvernement, alors que les manifs anti-CPE ont franchi un nouveau palier samedi, et que, selon les sondages, près de trois Français sur quatre sont hostiles au contrat première embauche.

Samedi, les défilés ont rassemblé entre 530 000 personnes selon la police et 1,5 million selon les organisateurs. Les cortèges ont réuni salariés et étudiants, mais aussi retraités, chômeurs, profs, parents... Une grogne que reflète un sondage paru ce matin dans Libération, indiquant que 73 % des personnes interrogées demandent la modification ou l'abandon du CPE.

Syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens doivent se réunir aujourd'hui, en fin d'après-midi, pour décider de la suite à donner au mouvement. Ils continuent d'exiger le retrait du CPE. FO le réclame même avant la réunion de ce soir, n'hésitant pas à parler d'« ultimatum ». En cas de refus gouvernemental, l'hypothèse de la grève est de plus en plus avancée. Hier, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, s'est prononcé pour « une journée de grève interprofessionnelle » en guise de « nouvel accélérateur ». Bernard Thibault, son homologue de la CGT, est prêt à suivre en cas de statu quo, comme Jacques Voisin, leader de la CFTC (lire ci-dessous). Côté lycéens, la Fidl a annoncé une nouvelle journée de manifestation jeudi. L'Unef, elle, promet des actions dans la semaine : « Soit le gouvernement entend raison et retire le CPE dès aujourd'hui, soit il sera obligé de le faire la semaine prochaine parce qu'on sera redescendu dans la rue », a déclaré hier Bruno Julliard, le président du syndicat étudiant. Pour l'instant, Dominique de Villepin n'a entamé aucun recul sur le CPE. Seul signe d'ouverture : il devrait recevoir, aujourd'hui à Matignon, des jeunes pro et anti-CPE.

Bastien Bonnefous