Fuites au bac S: La justice examine deux recours de parents d'élèves

JUSTICE Ils s'opposent au nouveau barème de l'épreuve annoncé par le ministre...

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Le tribunal administratif de Paris examine ce jeudi deux requêtes déposées en urgence par des parents d'élèves pour contester la décision de Luc Chatel de ne pas faire noter un exercice du bac S qui avait fuité sur Internet avant l'épreuve.

A l'issue de l'audience, qui débutera à 11h30, le tribunal devrait mettre sa décision en délibéré.

«Je n'ose pas penser que le tribunal administratif rende sa décision après le mardi 5 juillet», jour de l'annonce des résultats du baccalauréat, a souligné Me David Dokhan, interrogé par l'AFP.

Cet avocat a déposé l'un des deux recours, pour Yaël et Philippe Scemama, les parents d'Isadora, une lycéenne de terminale S de Paris qui sera selon lui présente à l'audience.

A la suite d'une fuite sur Internet de l'exercice de probabilité, la veille de l'épreuve de mathématiques du bac scientifique (S) passée par 165.000 lycéens, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a décidé le 22 juin d'annuler l'exercice incriminé, et de répartir les quatre points sur les trois autres exercices.

La nouvelle répartition des points en question

Les parents d'élèves à l'origine des deux recours demandent au juge des référés de suspendre cette décision, dans l'attente du jugement sur le fond qui peut prendre plusieurs mois.

«L'objet de la requête qui va être examinée demain est uniquement l'application du barème initial, et certainement pas l'organisation d'une nouvelle épreuve de maths», a souligné Me Dokhan, disant relayer la demande des 15.000 signataires d'une pétition portée vendredi dernier au ministère de l'Education.

Le ministre n'était pas compétent

Selon lui, le ministre n'était «pas compétent pour modifier le barème de l'exercice» et sa décision entraîne une «rupture d'égalité» des candidats à l'examen du baccalauréat, car «on ne peut pas évaluer des élèves sur un barème dont ils n'avaient pas connaissance» au préalable, «donc changer les règles une fois l'épreuve terminée».

Cette fraude a déclenché une enquête express de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

La «source» présumée de la fuite, qui travaille chez un fournisseur d'équipement pour les imprimeries, a été interpellée lundi soir dans le Gard, et trois jeunes hommes ont été mis en examen samedi dans le dossier à Paris.