France

«Clemenceau», la galère vogue vers la France

Le Conseil d'Etat a stoppé hier le transfert du navire. Jacques Chirac a ordonné son retour.

La croisière n'amusait plus.

Jacques Chirac a ordonné hier le rapatriement du Clemenceau.

Il met en partie fin à la rocambolesque aventure de l'ex-porte-avions, qui n'avait jusqu'à présent pas le droit de pénétrer dans les eaux territoriales de l'Inde, où il devait être désamianté.

Le président de la République a, en fait, suivi l'arrêt du Conseil d'Etat qui préconisait une demi-heure plus tôt de suspendre le transfert vers l'Inde.

Et est même allé au-delà en commandant le retour du navire.

Les associations écologistes, qui avaient saisi la plus haute juridiction administrative en ce sens, ont donc gagné cette bataille.

Pour Greenpeace, cette affaire est « emblématique de la fin d'une époque où le cynisme et le mépris pour les pays du Sud prévalaient ».

Selon Michel Prieur, professeur de droit de l'environnement à l'université de Limoges, « les fonctionnaires avaient visiblement l'idée, révolue, qu'on peut faire ce qu'on veut, surtout dans le domaine du militaire.

C'est une leçon psychologique pour l'armée.

» Jacques Chirac a souhaité que la question du démantèlement de navires de cette taille soit abordée « avec nos partenaires européens », en vue de l'établissement de « normes mondiales rigoureuses ».

Dans la foulée, le Premier ministre a annoncé une réforme « des procédures applicables à l'exportation » des anciens matériels de guerre.

Une « mission interministérielle » planchera sur le traitement des navires en fin de vie.

Cette porte de sortie met un terme au ridicule avant l'arrivée de Jacques Chirac en Inde mais ne résout pas le délicat problème du désamiantage.

Arnaud Sagnard

1997 Après trente- six ans de service, le navire est désarmé. 2002 Il est débaptisé et devient la coque « Q 790 ». 2003 Echec de la vente à une société espagnole. 2004 Début, à Toulon, d'une première phase de désamiantage. 2005 Départ du navire vers l'Inde où il doit être vidé du reste de son amiante et démantelé. 2006 Le Conseil d'Etat suspend le transfert, Jacques Chirac fait revenir le navire en France.