Affaire Ligonnès: fortes tensions religieuses entre la femme et son mari

FAIT DIVERS Un prêtre proche d'Agnès Dupont de Ligonnès s'exprime...

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Photos non datées de Xavier et Agnès Dupont de Ligonnès.
Photos non datées de Xavier et Agnès Dupont de Ligonnès. — AFP

De fortes tensions religieuses existaient entre la mère de la famille tuée avec ses quatre enfants début avril à Nantes et son mari toujours recherché et soupçonné de la tuerie, selon un prêtre proche d'Agnés de Ligonnès interrogé par la radio Hit West à Nantes jeudi.

Joint par l'AFP cet homme d'Eglise, qui souhaite conserver l'anonymat, a confirmé ses propos diffusés sur Hit West. Affecté à la paroisse de la famille, Saint-Felix, jusqu'en 2008, il avait spontanément évoqué le drame devant les fidèles de sa nouvelle paroisse le jour de la messe de Pâques, quelques jours après la découverte des corps, le 21 avril.

«J’ai tout de suite pensé à cette famille»

«Quand j'ai appris qu'il y avait cet événement qui s'était passé, j'ai tout de suite pensé à cette famille», a déclaré le prêtre. "Je craignais un coup d'éclat, je ne savais pas du tout ce qui pouvait se passer mais il y avait une tension telle, sur les questions religieuses...".

«Moi je dirais presque que c'est un peu à cause de sa foi que cette famille a été tuée, c'est ma conviction personnelle», a ajouté l'ecclésiastique.

«Elle ne savait pas quoi dire à son mari»

«Sur la façon de concevoir la foi chrétienne il y avait des tensions et lui l'agressait continuellement sur cette question-là, assure-t-il, je me disais, c'est pas possible que ça tienne cette tension comme ça longtemps, je pensais à une rupture du couple mais je ne pensais pas que ça irait là».

«Je recevais des mails quand il y avait des coups durs à la maison, elle cherchait à savoir quoi répondre et j'étais un de ceux à qui elle s'adressait, a-t-il ajouté, parce qu'elle ne savait pas quoi répondre à son mari».

Tenu par le secret de la confession

Cet homme d'Eglise a expliqué à l'AFP qu'il ne pouvait «pas en dire plus, tenu par le secret de la confession» et qu'il n'avait pas été entendu par les enquêteurs.

Au sujet de Xavier de Ligonnès, il a souligné qu'il «ne venait jamais à l'église». «Il n'était pas chrétien, c'était une véritable persécution qu'il faisait à sa femme, il se moquait d'elle», a-t-il dit.

Un côté «martyr»

«Elle avait trouvé force et bonheur avec des enfants dans leur cheminement religieux: je dirais de leur mort qu'il y a un côté martyr», a estimé le prêtre.

Les corps des cinq victimes ont été découverts dissimulés sous la terrasse du jardin de leur maison familiale nantaise. Xavier Dupont de Ligonnès, contre lequel un mandat d'arrêt international a été lancé, est introuvable depuis ses dernières traces laissées le 15 avril, dans un hôtel du Var.