Yvan Colonna promet «la guerre» s'il n'est pas innocenté

PROCES Il a écrit une lettre à son ami Pierre Alessandri pour qu'il l'innocente de l'assassinat du préfet Erignac, sous peine de représailles...

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Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011.
Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011. — AFP PHOTO/BENOIT PEYRUCQ

Yvan Colonna, jugé pour la troisième fois à Paris, a écrit en décembre 2010 à son ami Pierre Alessandri pour qu'il l'innocente de l'assassinat du préfet Erignac, faute de quoi «ce sera la guerre au procès et au dehors», révèlent samedi RTL et Europe 1.

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«Tu m'a trahi»

Cette lettre, datée du 19 décembre et saisie dans la cellule de Pierre Alessandri, condamné à perpétuité après avoir endossé le rôle du tireur, a été remise vendredi soir par la police judiciaire au président de la Cour d'assises spéciale de Paris.

Dans cette lettre de quatre feuillets, écrite en langue corse, Yvan Colonna écrit à Pierre Alessandri: «J'ai pris perpétuité et 22 ans de sûreté et j'attendais que tu fasses une lettre et que tu cries haut et fort mon innocence».

Le berger de Cargèse poursuit: «Tu m'as trahi et sacrifié et tu as trahi 25 ans d'amitié sincère». Yvan Colonna demande ensuite à Pierre Alessandri de «tout faire pour le sortir de là». Sinon, menace-t-il, «ce sera la guerre au procès et au dehors». Le président de la cour a versé cette lettre aux débats.

Troisième procès

Yvan Colonna est jugé une troisième fois pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en 1997 et pour l'assassinat de Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio. La confirmation en appel de sa condamnation à perpétuité a été annulée pour vice de procédure.

Après avoir assuré après son arrestation en mai 1999 qu'Yvan Colonna appartenait au commando, Pierre Alessandri, le plus proche d'Yvan Colonna parmi les membres du commando, s'était rétracté, rétractations confirmées lors du procès en appel de 2009.

Lors du procès en appel de Colonna, il s'était adressé directement au berger de Cargèse, expliquant que sa «cavale» avait été une erreur: «J'aurais jamais imaginé que tu fasses une cavale aussi longue et mette autant d'entêtement à refuser de t'expliquer. Ta reddition aurait suffi à te disculper», avait-il enchaîné avant d'insister: «ton entêtement dans ta cavale a conditionné ta culpabilité».