PS: grand-messe samedi sur le projet, conciliabules d'après DSK

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A onze mois de la présidentielle, le Parti socialiste tient samedi sa grand-messe sur son projet pour 2012, qui sera à coup sûr adopté massivement dans une atmosphère d'unité affichée, même si dans les coulisses, les conciliabules d'après-DSK pour les primaires ont commencé.

Quinze jours après le "tsunami" de l'affaire DSK, le PS, orphelin d'un présidentiable possible, est au travail et entend le montrer.

Samedi après-midi à la Halle Freyssinet (Paris XIIIe), qui peut accueillir jusqu'à 1.500 délégués, les socialistes tablent sur une "ambiance de meeting plus qu'une convention statutaire". Principal parti d'opposition, le PS s'enorgueillit d'être le premier parti à avoir son projet pour 2012.

La première secrétaire Martine Aubry doit clore cette Convention des Conventions, aboutissement de deux ans de travail et 130 rencontres, résumé dans un fascicule "Le Changement" qui compte trente propositions "ambitieuses et sérieuses", selon Guillaume Bachelay, cheville ouvrière du projet.

"Les socialistes sont prêts. Ils ont tiré les leçons des crises multiples qui ne sont pas finies", assure-t-il à l'AFP, citant crises financière, économique et sociale, européenne, environnementale et démocratique.

"Il s'agit de mobiliser la France de la production et de l'innovation contre la rente et la spéculation", dit ce lieutenant de Laurent Fabius.

La Convention s'inscrit dans un processus de "crédibilité, souligne-t-il, elle "est la rampe de lancement d'une fusée à trois étages": adoption du projet (après son adoption par le Parlement du parti en avril et par les militants en mai), puis "mission de la première année" de gouvernement confiée à M. Fabius pour définir les "priorités et modalités" de l'alternance et enfin "candidature à la présidentielle".

"Pour la première fois, il y a un projet de société, un programme cohérent, une volonté de redresser le pays", souligne Christian Paul, président du Laboratoire des idées, pour qui "la principale formation de la gauche française a réussi sa mutation programmatique", de la transition écologique à l'égalité réelle.

Mais, à un mois du dépôt des candidatures, cette Convention réunira les aspirants déclarés ou putatifs aux primaires, de Ségolène Royal à François Hollande.

Depuis le début de la semaine, il y a une "volonté forte de rassemblement autour de Martine Aubry", confortée par le ralliement de Laurent Fabius, observe un dirigeant. La patronne du PS n'a pas encore déclaré sa candidature mais s'est dite prête à "prendre ses responsabilités".

Ex-patron du PS et candidat déclaré, M. Hollande qui poursuit son ascension dans les sondages, sera présent, cible d'attaques internes qui font figure de front anti-Hollande.

"Dans le PS, il y a des gens qui l'ayant vu à la direction, ne veulent pas en faire leur candidat. On veut créer une adhésion autour de Martine Aubry, ce n'est pas de l'anti-hollandisme", se défend un dirigeant aubryste.

Tous les regards se tourneront aussi vers les strauss-kahniens. L'un d'eux, Jérôme Cahuzac, président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, s'élève contre cette thèse d'"alliance +tout sauf Hollande+": "chaque candidat va s'adresser à chaque électeur. Cela n'est pas un congrès, il ne s'agit pas de convaincre des responsables de fédérations ou des grands élus de rejoindre telle motion".

"Ce n'est pas l'appareil qui fait l'élection", assure Mme Royal.

Pour Arnaud Montebourg, candidat déclaré, "ce ne sont ni les sondages, ni les médias qui doivent choisir les candidats, mais les électeurs. Les Français vont se décider, pas seulement les militants".