Le contrat première embauche passe sa seconde période d'essai dans la rue

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Insensible aux pressions des syndicats, admirent ses partisans. Sourd aux inquiétudes de millions de Français, s'étonnent ses adversaires. Qu'on l'apprécie ou pas, Dominique de Villepin a le mérite de la transparence. Il a déjà prévenu que les défilés et les grèves organisés aujourd'hui contre le contrat première embauche ne le feront pas dévier de sa stratégie. « Il est temps de faire des choix et de les assumer », affirme le Premier ministre, déjà ferme après les manifestations du 7 février.

Au moins 500 000 opposants au CPE pourraient défiler dans le pays, a pourtant prévenu Bernard Thibault (CGT). Plus inquiétant peut-être pour le Premier ministre, six Français sur dix sont hostiles à cette mesure et trois jeunes sur quatre ne croient pas en son efficacité (lire ci-dessous). Résultat, sa cote de popularité, certes pas aidée par le chikungunya ou la grippe aviaire, a plongé de 7 points selon la Sofres. Au point de devenir un sujet de préoccupation dans l'optique de la présidentielle.

Conscients que le temps joue en leur faveur, syndicats et partis d'opposition appuient sur la plaie. « Nous mettrons le temps qu'il faudra mais nous arriverons » à faire retirer le CPE, prévient Bernard Thibault. A Matignon on ne s'attarde pas sur la règle qui pose qu'un Premier ministre se remet rarement d'une dégringolade dans les sondages. Un membre du gouvernement théorise : « Une bonne réforme provoque une courbe en J. Elle commence par faire plonger puis elle fait remonter, plus haut que le point de départ. »

Stéphane Colineau