Viol d'une fillette en Essonne: un récidiviste recherché

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La police recherchait lundi soir un homme de 33 ans, soupçonné d'avoir violé une fillette de 10 ans samedi 21 mai à Viry-Châtillon (Essonne) et connu de la justice pour des faits similaires en 1997 et 2009, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Samedi, vers 18H00, la fillette a été abordée par un homme alors qu'elle était sortie acheter un sandwich et se trouvait seule sur la voie publique. Son ravisseur l'aurait alors frappée avant de la faire monter de force dans la voiture.

Très vite, l'enquête s'oriente vers un homme très connu des services de police, rapidement identifié, et que des témoins avaient vu peu auparavant dans une kermesse voisine de l'enlèvement, visiblement sous emprise de l'alcool.

Il aurait emmenée l'enfant dans un champ ou une station-service de l'autoroute A6, où il l'aurait violée à plusieurs reprises, selon les premiers éléments de l'enquête.

La grande soeur de la fillette, inquiète de ne pas la voir revenir, l'a appelée sur son portable pendant les faits. La petite fille a pu répondre. La soeur a alors entendu des cris, et l'homme disant "Je vais te tuer", selon une source proche de l'enquête.

La fillette a été relâchée par son agresseur deux heures plus tard, et a pu appeler sa famille grâce à son téléphone portable. Elle a été opérée en urgence. On ignorait lundi si elle était toujours hospitalisée.

Le suspect a été rapidement géolocalisé à Antony (Hauts-de-Seine), à une vingtaine de kilomètres du lieu des faits dont il est soupçonné. Mais il n'a pu être interpellé.

Il est connu des services de police pour de nombreux faits de délinquance (vols, braquages, séquestrations) mais aussi pour deux viols, en 1997 et 2009.

Il était sorti de prison en mars, où il se trouvait pour ce dernier viol, selon cette même source proche, qui n'a en revanche pas pu préciser s'il avait été jugé ou se trouvait en détention provisoire.

La sûreté départementale de l'Essonne et la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles ont été chargées de l'enquête.

Cette affaire pourrait relancer le débat sur la récidive, remis sur le devant de la scène en janvier dernier avec la mort de Laetitia Perrais, 18 ans, tuée près de Pornic (Loire-Atlantique) et dont le meurtrier présumé, arrêté le 20 janvier, avait un lourd passé judiciaire.

En réaction à cette affaire, Nicolas Sarkozy avait relevé le 3 février des "dysfonctionnements graves" des services de police et de justice qui avaient permis la remise en liberté sans suivi de Tony Meilhon. Il avait également promis des sanctions.

Ces déclarations avaient suscité une levée de boucliers inédite du monde de la justice, magistrats, avocats et fonctionnaires en charge du suivi des délinquants. La grève des audiences avait été votée dans de très nombreux tribunaux.

Les enquêtes administratives diligentées avaient conclu à des "carences manifestes" mais n'avaient toutefois pas permis d'identifier de responsabilité individuelle. Le Directeur interrégional des Services pénitentiaires de Rennes avait cependant été relevé de ses fonctions.

A la suite de cette affaire, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé avait fait des propositions sur l'application des peines et la récidive pour le prochain quinquennat, notamment celles de confier au "procureur l'entière responsabilité de l'exécution des peines" et d'introduire des travaux d'intérêt général "dès l'âge de 14 ans".