L'avocat de la famille de Fofana dénonce "l'emballement" autour de Youssef

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"Ne vous emballez pas tout de suite". L'avocat de la mère de Youssouf Fofana s'est élevé jeudi contre "l'emballement" autour de celui qui fut son client en 1999 et qui est aujourd'hui soupçonné d'être le chef du gang qui a enlevé et tué Ilan Halimi. Norbert Goutmann dénonce le fait "qu'on l'accable avant même qu'il soit jugé".  Youssouf Fofana est-il impliqué dans le dossier (du meurtre du jeune juif Ilan Halimi)? Notre justice le dira. La présomption d'innocence, nous sommes encore quelques-uns à y croire", a expliqué à l'AFP Norbert Goutmann, avocat au barreau de Créteil, en évoquant l'affaire d'Outreau.

"J'étais l'avocat de Youssouf Fofana", a-t-il souligné. Là, je suis mandaté par sa mère, Mme Fofana, pour l'épauler. C'est une femme modeste, terrorisée, qui m'a appelé pour me dire "aidez-moi" ". Quand Youssouf Fofana, dont l'extradition a été autorisée par la justice ivoirienne jeudi, "reviendra en France, on verra s'il me désigne ou s'il désigne un autre avocat" plus illustre. 
Norbert Goutmann a connu Youssouf Fofana en 1999 alors que ce dernier était "accusé du braquage d'un bar PMU et d'un magasin Atac à Bagneux". Les faits, ouverts sous une qualification criminelle, ont été "requalifiés en vol avec violence et recel", passibles du tribunal correctionnel. Youssouf Fofana a été condamné dans cette affaire à deux ans de prison par le tribunal correctionnel de Nanterre en 2001.

Selon son avocat, "c'est la seule grosse affaire" que Youssouf Fofana ait eue, le reste, "c'est de la délinquance banale, des petits vols, des petites bêtises". Et d'ajouter : "Le personnage qu'on décrit, un braqueur, un personnage dur, c'est exagéré, ça ne correspond pas à l'homme que j'ai connu en 1999, un jeune homme "sympathique, "pas un chef de gang".

Norbert Goutmann, qui a eu des nouvelles de Youssouf Fofana pour la dernière fois en 2003, a estimé que la prison lui avait donné peut-être "une certaine agressivité, une certaine amertume".
Si les "faits sont avérés", cela peut être un phénomène de "folie collective", a-t-il avancé. C'est "souvent le cas", "on le voit avec un autre pauvre homme tué dans les mêmes conditions", a-t-il ajouté, en évoquant l'affaire d'un homme séquestré et battu à mort dans le Doubs par des personnes qui voulaient lui extorquer de l'argent.