France

Les autorités pourraient annoncer 180 000 malades

De notre correspondante à la Réunion, Bernadette Loubier

 Les Réunionnais attendent aujourd'hui la déclaration des autorités sanitaires décrivant la situation de l'épidémie entre le 20 et le 26 février avec crainte. Après une semaine de visites ministérielles pendant laquelle les responsables de l'INVS (Institut national de veille sanitaire) n'ont cessé de s'exprimer sur « le tassement du nombre de chikungunyés », alors que le discours des médecins est tout autre. « L'activité hospitalière reste tendue sur l'île, déclare Alain Perrin, directeur de l'agence régionale hospitalière (ARH), Le dernier gros pic date du week-end dernier. Vu les données actuelles, il n'y a aucune perspective de baisse des cas dans l'immédiat. » Le responsable confirme avoir enregistré plus de 20 000 cas supplémentaires. Partant de 157 000 cas – la dernière estimation produite par les autorités – les chiffres du jour devraient approcher les 180 000 malades.
De plus en plus fatigué, le personnel médical continue à faire face.
La présence d'une cinquantaine de médecins et infirmiers venus de métropole aide à tenir le coup. « La forme hépatique du chikungunya se développe alors que les cas de neuroméningites se font plus rares», affirme un urgentiste de la clinique de Saint-Benoît.
Face à la maladie, les Réunionnais sont quelque peu désemparés. Comme Isabelle, maman de trois enfants, beaucoup de parents ont été alertés par leur médecin sur l'inefficacité des bracelets et autres gadgets et sur la dangerosité de l'utilisation longue durée des crèmes antimoustiques. «Arrêtez d'en appliquer plusieurs fois par jour, on ne sait pas les incidences que cela peut avoir chez les jeunes enfants.» Les familles se rabattent sur les répulsifs. Mais ils ne doivent pas oublier qu'ils éloignent les moustiques sans les tuer.

Bernadette Loubier