Chikungunya : L'industrie du cercueil fonctionne à plein à la Réunion

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 Officiellement, le chikungunya a tué, depuis le début de l’épidémie en février 2005, 77 Réunionnais. Pour le ministère de la Santé, seuls cinq décès seraient directement liés à « la maladie de l’homme courbé ». Des chiffres qui ne sont que des « estimations », car «il n’y a pas encore d’expertise sanitaire officielle, nous nous basons uniquement sur les certificats de décès des médecins de laRéunion », confie-t-on au ministère.

Sur l’île, l’industrie mortuaire tourne pourtant à plein. A Sainte-Suzanne, la menuiserie Françoise Daniel, monopole de fabrication des cercueils, est « proche de la rupturede stocks », nous explique sa dirigeante. "Notre production de janvier-février 2006 est 30% supérieure à la même période en 2005. Nous fabriquons 250 à 300 cercueils par mois, contre 200
auparavant. » Du côté des pompes funèbres, les chiffres sont plus hétérogènes. Dans l’ouest de l’île, la plupart des entreprises spécialisées contactées par 20 Minutes n’ont pas connu, à les croire, une augmentation de leur activité. En revanche, dans le
Sud, dans l’Est et dans la préfecture, elles marquent une hausse de près de 30 %. Les pompes funèbres Leichnig sont passées, à Saint-Pierre, de « 21décès en janvier 2005 à 37 en janvier 2006, et 24 en février 2005 à 34 en février 2006 », selon leur PDG Eric Fontaine.

A Saint-Denis, un concurrent estime avoir «triplé» ses commandes depuis janvier, passant d’une dizaine de décès par mois l’an dernier, à une trentaine depuis 2006. Reste que les pompes funèbres ne connaissent pas toujours les causes des décès. « Beaucoup de morts sont des personnes âgées. Leurs familles nous disent qu’elles étaient déjà très affaiblies par d’autres maladies ou la chaleur de l’été, et que lechikungunya
les a achevées », explique un responsable.

Service France