«Accueillir plutôt que montrer les objets»

©2006 20 minutes

— 

Quelle signification a l'achèvement du chantier du musée du quai Branly dans votre carrière ?

C'est un événement majeur. Qu'un architecte ait un jour à réaliser un tel projet présidentiel, avec cette situation dans Paris, est quelque chose de fort improbable. Ce sera mon troisième bâtiment parisien, et le troisième dédié à l'art. Il y a eu l'Institut du monde arabe, il y a vingt-cinq ans. La fondation Cartier, il y a treize ans. Puis celui-là... Un à chaque décennie.

Quel est votre sentiment à quatre mois de l'inauguration du musée ?

Je suis passionné et inquiet. Je déteste la précipitation, il faut donc parer à tous les problèmes en amont. C'est pourquoi je suis sur le chantier toutes les semaines.

Pourquoi avoir fait le choix d'une galerie unique et ouverte plutôt qu'une succession de salles ?

J'ai voulu cet espace comme un lieu d'accueil des objets. Je veux les accueillir plutôt que les montrer. Ce musée sera pour eux une maison.

Recueilli par B. C.

La hauteur du musée est inférieure de cinq mètres à celle autorisée. Et les quatre bâtiments administratifs suivent l'alignement des immeubles voisins. « Je ne voulais pas d'un bâtiment trop présent dans la ville, avec une résonance architecturale tonitruante, explique l'architecte. L'inscription harmonieuse dans le site était l'une des lignes de force du projet. »