«Liberté de ton et exigence intellectuelle»

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L'idée d'un musée dédié aux arts premiers a été lancée par Jacques Chirac en 1995, au début de son premier mandat présidentiel. Depuis, le terme « arts premiers » a été abandonné. « Ce n'est pas un terme tabou ou repoussant, explique Stéphane Martin, président du musée du quai Branly. Seulement, nous ne sommes pas que ça. L'enjeu est d'être une grande cité culturelle et scientifique, l'une des six ou sept institutions qui participent de l'identité culturelle de Paris avec l'Opéra, la BNF, le Louvre... »

Pour y parvenir, Stéphane Martin a un modèle : Beaubourg. « Beaucoup de membres de l'équipe y ont travaillé. Au musée du quai Branly, nous cultiverons l'interdisciplinarité, une certaine liberté de ton et une exigence intellectuelle. Le succès ne passe pas par une attitude infantile ou simplificatrice. Le public de Paris, qui n'est pas exclusivement parisien d'ailleurs, est exigeant, il a raison. » Sont ainsi au programme des expositions thématiques, des spectacles vivants, un campus universitaire et une ouverture aux arts non-européens contemporains. « Outre une politique d'acquisition d'oeuvres, le musée du quai Branly est sollicité par des pays qui souhaitent nous prêter des oeuvres. Nous voulons être une formidable vitrine pour eux. »

Un système de coopération scientifique et économique avec les pays d'origine de certaines oeuvres a aussi été mis en place. « Nous avons notamment un accord avec le Pérou. Nous finançons la restauration, par des artisans péruviens, de textiles paracas, datant de 2 000 avant J.-C. Leur expertise est essentielle et enrichit le savoir des scientifiques français présents sur place. Ces textiles seront présentés lors d'une exposition temporaire exceptionnelle avant de retourner dans leur pays d'origine. » B. C.