Le gouvernement évoque une prime de 1.000 euros pour les salariés

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Le gouvernement a évoqué mercredi la création prochaine d'une prime d'"au moins 1.000 euros" pour les salariés d'entreprises versant des dividendes, afin de contraindre ces dernières à associer les travailleurs à la création de richesse.

Jeudi dernier, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé la préparation d'un dispositif obligeant les entreprises à augmenter les salaires lorsqu'elles augmentent les dividendes versés à leurs actionnaires.

"S'il y a une prime pour les actionnaires, il faut avoir une prime pour les salariés", avait-il lancé.

Le ministre du Budget, François Baroin, a évoqué mercredi un "dispositif simple sous forme d'une prime exceptionnelle dont le montant n'est pas encore stabilisé --au moins 1.000 euros".

"Tous les jours, toutes les semaines, on nous annonce des augmentations de distributions de dividendes, de primes exceptionnelles, de bonus pour les grands patrons. Tout le monde, tous les salariés qui participent à l'augmentation de richesse de leurs entreprises doivent pouvoir bénéficier de ce dispositif", a-t-il plaidé.

Ce dispositif de "justice et d'équité" sera inclus dans un projet de loi de finances rectificative en juin, a annoncé le ministre.

Selon des députés UMP reçus à l'Elysée mercredi, M. Sarkozy a insisté de son côté "sur le fait que cette redistribution de pouvoir d'achat devrait être exonérée de prélèvements sociaux".

Lundi, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, chargée de réfléchir au projet avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait souligné qu'il s'agirait bien de payer des primes, "c'est à dire de l'argent qui soit directement disponible et que les salariés puissent utiliser pour leur pouvoir d'achat".

"Si l'entreprise réussit, ce n'est pas seulement parce que les actionnaires mettent du capital, c'est aussi parce que les salariés font du bon travail", a-t-elle argumenté.

Régulièrement critiqué pour n'avoir pas respecté sa promesse de 2007 d'être le "président du pouvoir d'achat", Nicolas Sarkozy avait estimé en mars que la faible évolution des salaires comparée aux montants importants des dividendes versés par les entreprises n'était "plus supportable".

Avant l'annonce par François Baroin de ce montant possible de 1.000 euros, Christine Lagarde avait balayé lundi la fixation par la loi de "plafond ou de seuil". "On n'est pas le Gosplan!", avait-elle lancé, en référence à l'organisme soviétique de planification économique.

Elle a estimé que les entreprises privées devraient "trouver un terrain d'accord".

La ministre a en revanche plaidé pour l'instauration, au sein des entreprises, d'un "rendez-vous de dialogue obligatoire" avec les organisations représentatives en vue de la négociation de ces primes.

Christine Lagarde a eu beau promettre que l'Etat n'allait pas "s'immiscer dans la gestion au quotidien des entreprises", le Medef a déjà appelé le gouvernement à cesser ses "pressions" sur les partenaires sociaux.

Le patronat et les syndicats "travaillent depuis des mois" sur la question du partage de la valeur ajoutée, a souligné mardi la présidente du Medef, Laurence Parisot. "Laissez-nous avancer !", a-t-elle lancé.

Favorable" sur le principe du versement d'une prime, le mouvement patronal Ethic a toutefois estimé mercredi qu'il vaudrait mieux étendre la participation à toutes les entreprises.

Côté syndical, la CFTC et la CFDT ont déploré mercredi que la proposition gouvernementale laisse de côté un grand nombre de salariés, la CGT et FO réclamant à la place une "augmentation des salaires".

En 2009, après un rapport de l'Insee sur le partage des profits, commandé après des polémiques sur les très hautes rémunérations, Nicolas Sarkozy avait demandé aux partenaires sociaux d'ouvrir une discussion. Mais depuis, syndicats et patronat ne sont même pas parvenus à se mettre d'accord sur le contenu des pourparlers.