« L’industrie du disque n’a jamais été aidée »

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Directeur général de l’Union des producteurs phonographiques français indépendants. Quel serait l’impact d’une licence globale pour vous ? En visant les majors à travers ce système, ce sont les producteurs indépendants qu’on va atteindre en premier. Les indépendants sont très fragiles, leur catalogue repose sur des investissements importants alors que les majors sont sûres d’amortir leur production à l’étranger. Les récents arbitrages de Matignon qui assouplissent le projet de loi sans aller jusqu’à la licence globale vous conviennent-ils ? Cette orientation nous satisfait. Mais nous n’avons jamais voulu supprimer la possibilité de faire des copies privées. Nous voulons que la musique circule librement même s’il est important que la loi établisse la règle du jeu. Internet peut nous permettre de sortir des deux grands points d’étranglement traditionnel, la grande distribution et la radio qui se limitent aux meilleures ventes. Pour le moment, le développement de la musique numérique a surtout profité aux majors. C’est vrai, mais à long terme, l’explosion de la diversité de l’offre nous sera profitable. Prenez Amazon : l’offre pléthorique de livres a créé une curiosité chez leurs clients. Le système du crédit d’impôt annoncé par le ministère de la Culture est une forme de perfusion ? Il faut sortir de l’image négative du tout-commerce et du show-business, véhiculée par les majors, qui nous colle à la peau. L’industrie du disque est un des seuls secteurs à ne jamais avoir été aidé. Ce crédit d’impôt n’est pas du tout une subvention, il va ainsi nous rapprocher du système de financement du cinéma. Et cet argent servira uniquement à faire émerger des nouveaux talents de la scène française. Recueilli par D. C.