Le récit de l’affaire par le juge Eric Halphen dans « Sept ans de solitude »

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Eric Halphen a instruit l’affaire des HLM de Paris durant sept ans, avant d’en être dessaisi, en 2001. En 2002, il publie Sept ans de solitude, qui revient longuement sur l’affaire. Extraits. Un dossier lui parvient en février 1994. « Une simple chemise rose, émanant des services fiscaux. Ces notes évoquent un chef d’entreprise du Val-de-Marne », raconte Eric Halphen. Le fisc le soupçonne d’émettre des fausses factures. « Des marchés avec les offices HLM de Paris et des Hauts-de-Seine sont évoqués. » L’entreprise « a payé une quinzaine de millions de francs pour régler des factures émises par d’autres entreprises, et qui correspondent à des prestations totalement fictives. Parmi ses fournisseurs figure Jean-Claude Méry. » « Tout le gotha du BTP parisien figure dans la comptabilité Méry. Et toutes les entreprises « cotisantes » obtiennent simultanément des marchés de l’Opac. » « Les chefs d’entreprise diront d’ailleurs clairement, sur procès-verbal, que le fait de payer les factures Méry était le seul moyen, pour eux, d’être agréés par l’Opac et donc d’avoir les marchés. » Suivront les perquisitions aux sièges de partis politiques, véritable jeu du chat et de la souris. « On a beaucoup dit par la suite, écrit Eric Halphen, que Nicolas Sarkozy, ministre du Budget de l’époque, avait à dessein autorisé ses propres services à dénoncer les faits au parquet, histoire de lancer un joli pavé dans la mare chiraquienne, quelques mois avant l’élection présidentielle de 1995. Ce n’est qu’un point de vue. » Joint la semaine dernière par téléphone, Eric Halphen n’a « pas souhaité revenir sur ce dossier ». M. B.