Les politiques, grands absents du procès de l’affaire des HLM de Paris

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C’est le dernier volet de la saga politico-judiciaire des années 1990, durant laquelle RPR aura souvent rimé avec affaires. Après l’épisode des marchés truqués d’Ile-de-France, celui des emplois fictifs à la Mairie de Paris, celui de l’office HLM des Hauts-de-Seine, place au volet des « marchés de l’Opac, l’office HLM de la Ville de Paris », qui s’ouvre aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Un feuilleton au goût d’inachevé. A la barre, on trouvera des dirigeants de sociétés de BTP franciliennes. Des responsables de l’Office HLM de la Ville de Paris (Opac) aussi, dont son directeur de l’époque, Georges Pérol. Au total, une cinquantaine de prévenus. En revanche, pas d’homme politique, l’ancien maire de Paris, Jean Tiberi, et l’ancien ministre de la Coopération, Michel Roussin, ayant chacun bénéficié d’un non-lieu. De politique, on a pourtant beaucoup parlé pendant les dix années qu’ont duré l’enquête. Saisi en février 1994 pour vérification dans une histoire de fausses factures émises depuis 1987, le juge Eric Halphen s’intéresse vite au système d’attribution des marchés publics de l’office HLM de Paris. Au centre de l’affaire : Jean-Claude Méry, ex-membre du comité central du RPR, devenu promoteur immobilier à la fin des années 1980, et décédé en 1999. Il aurait joué l’entremetteur entre des sociétés de BTP et l’Opac. En trois ans, au début des années 1990, il aurait encaissé près de 40 millions de francs, qu’il facturait à certaines entreprises, en échange de marchés de l’Opac. De l’argent destiné à plusieurs partis politiques, essentiellement le RPR. Jean-Claude Méry avait enregistré ses confessions sur une vidéo, dont la publication, en 2000, fait l’effet d’une bombe. Elle amènera le juge Halphen à convoquer le président Jacques Chirac comme témoin. Procédure annulée par la suite, et qui entraînera le dessaisissement d’Eric Halphen de cette affaire. Mickaël Bosredon

dates Le procès des HLM de Paris se déroulera en 33 audiences, tous les lundis, mardis et mercredis, à 14 h, jusqu’au 5 avril. L’Opac de Paris sera partie civile. Il demandera « réparation du préjudice moral et financier subi ».