A son procès, Payet maintient qu'il n'était pas "au courant" de l'évasion

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Pascal Payet a maintenu vendredi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône qu'il n'était pas "au courant" de l'opération qui a permis son évasion par hélicoptère en 2007 de la prison de Grasse (Alpes-Maritimes), intervenue entre deux rondes de surveillants.

"Je n'étais pas au courant de l'opération. J'étais sur mon lit en caleçon lorsque j'ai entendu le bruit de l'hélicoptère", a affirmé le braqueur multirécidiviste. Au deuxième jour du procès, la Cour s'est penchée sur l'équipée du commando qui a réussi, le 14 juillet 2007 en fin de journée, à extraire le détenu de sa cellule du quartier d'isolement.

Une opération qui n'a pas pris plus de "cinq minutes", a confirmé le pilote d'une agence de location d'hélicoptères de Cannes-Mandelieu. A la barre, il a raconté comment, croyant d'abord "à une blague ou à un exercice d'hommes du GIGN", il avait été contraint sous la menace de quatre hommes cagoulés et armés de mettre en route un appareil vers la maison d'arrêt.

Arrivé au-dessus, l'hélicoptère s'était posé sur le toit d'un local adjacent au quartier de sécurité où était détenu Payet. Et ce peu après la fin de service, à 18H30, de l'équipe de jour des surveillants chargés du quartier d'isolement et avant que "le service de nuit ne prenne le relais à 19H00", ont expliqué deux surveillants de service en ce jour férié, jusque-là "très calme".

"Payet n'a rien laissé paraître, il a vaqué à ses occupations, le sport, la promenade", a souligné l'un des surveillants, décrivant un détenu "très correct, poli, courtois", arrivé à la prison trois mois auparavant.

Trois membres du commando - Farid Ouassou et Abdel-el-Moutaleb Medadji dans le box des accusés aux côtés de Payet, et un troisième décédé depuis - avaient alors progressé par les toits, tandis qu'Alain Armato, organisateur de l'opération qui se dit "l'ami" de Payet depuis le début du procès où il comparaît détenu, tenait en respect le pilote.

Les malfaiteurs avaient défoncé une porte avec une disqueuse thermique pour atteindre le quartier de sécurité, avant de forcer la porte de la cellule de Payet et de revenir à l'hélicoptère avec lui.

"La configuration de la prison, le moment choisi et la proximité du lieu avec la base de l'hélicoptère ont fait qu'il n'y avait aucune manière d'intervenir", a relevé un enquêteur à la barre.

Selon le pilote, l'hélicoptère s'était ensuite posé en rase campagne près de Grasse, Payet et deux complices quittant l'appareil, avant de se diriger vers Brignoles (Var) pour atterrir dans un hôpital.

"Ils m'ont menotté à la grille d'un cimetière et m'ont dit : +On s'excuse, on s'excuse+", a raconté le pilote, précisant ne pas avoir gardé "de séquelles particulières" de l'événement.