Le meurtrier de Prescillia condamné à 30 ans de prison

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Samuel Malécot, 24 ans, a été condamné vendredi à 30 ans de prison par la cour d'assises du Maine-et-Loire pour le viol et le meurtre de sa jeune voisine de 13 ans, Prescillia, après avoir reconnu "des actes horribles".

Le jugement, conforme aux réquisitions, a été accueilli par des applaudissements, aussitôt interrompus par le président, dans une salle comble et marquée par la lourdeur des faits examinés durant quatre jours.

"Cette peine est à la hauteur de ce qu'il a fait. Il a menti depuis le début et n'a pas tout dit encore lors de ce procès", a commenté Yannick Delaveau, le père de Prescillia. "Je pense que la justice s'est réveillée", a affirmé sa mère, Véronique.

"J'espère que le temps permettra d'apaiser votre douleur. Je ne vous demanderai pas pardon une deuxième fois car je connais votre réponse. J'ai commis des actes terribles, horribles. Je regrette et je suis désolé", leur avait dit Samuel Malécot, juste avant que les jurés ne partent délibérer.

"Je ne te pardonnerai jamais", lui avait lancé mercredi la mère de l'adolescente, après qu'il eut exprimé une première fois des regrets.

Lors de cette journée consacrée au déroulement des faits, Samuel Malécot était revenu publiquement sur ses déclarations, levant les incertitudes et les ambiguïtés sur un prétendu jeu de séduction de sa victime.

Le jeune homme a reconnu être entré volontairement vers 23H30 dans la maison familiale où il savait que Prescillia était seule, et l'avoir obligée à le suivre dans le moulin voisin - où son corps a été retrouvé - pour la violer et la tuer, par peur des représailles de ses proches.

Jeudi, il a précisé l'avoir surprise dans son lit, "terrorisée", et non pas dans le salon, sans vouloir en dire plus.

L'avocat général Olivier Tcherkassof avait requis une peine de trente ans de réclusion "au minimum". "C'est un accusé complètement dépourvu d'affection. Il fait des aveux de surface sans aucune émotion. Il ne peut pas s'admettre tel qu'il est", avait-il soutenu, reprenant les avis des experts psychologue et psychiatre, et rejoignant la plaidoirie des avocats de la famille de Prescillia.

"Le tueur, c'est l'ami, le voisin. Une surprise terrifiante. Vous aviez programmé d'aller à la sépulture, vous êtes un grand pervers", avait insisté Me Pascal Rouiller, l'avocat des parents de la victime.

"Il ne peut pas affronter le regard des autres car sa souffrance le paralyse. Non, il n'a pas cherché à vous manipuler mais à affronter l'horreur de ses actes", a plaidé vendredi matin Me Claire Eon, l'un des avocats de Samuel Malécot, insistant sur les "carences affectives" et les "séparations fondamentales" qui ont émaillé sa vie.

Jeune adulte en perdition, voisin de la famille de Prescillia, Samuel Malécot avait été entendu en qualité de témoin durant les recherches, avant d'être confondu par son ADN et de passer aux aveux lors de son interpellation, quatre jours après la découverte du corps de l'adolescente, le dimanche 26 octobre.

Les faits s'étaient déroulés au terme d'une journée de désoeuvrement dans un lotissement de Montsoreau, petit bourg historique aux confins du Maine-et-Loire et de l'Indre-et-Loire.