Le gouvernement face au casse-tête de la flambée des prix de l'énergie

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Le gouvernement pourrait, selon la presse, geler jusqu'à la présidentielle les prix du gaz, dont une nouvelle hausse de 5,2% vient d'entrer en vigueur, et la question sensible des prix de l'énergie a été abordée lors d'une réunion interministérielle à Matignon vendredi.

"C'était une réunion de travail, rien n'est arrêté", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Energie, Eric Besson, à l'issue de la réunion qui a duré près d'une heure et demie.

"Nous avons travaillé sur beaucoup de scénarii possibles (...). Nous nous sommes répartis le travail pour les jours qui viennent", a ajouté le ministre, assurant que le Premier ministre avait "évidemment le souci de protéger le pouvoir d'achat des Français.

M. Besson, ainsi que le secrétaire d'Etat à la Consommation, Frédéric Lefebvre, ont pris part à cette réunion. Les ministres de l'Economie, Christine Lagarde, du Budget, François Baroin, et de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, étaient représentés par leurs directeurs de cabinet.

Cette réunion s'est inscrite dans un contexte de flambée généralisée des prix de l'énergie, alors qu'une augmentation de 5,2% des prix des gaz vient justement d'entrer en vigueur ce vendredi, portant la hausse à plus de 20% depuis un an et plus de 60% depuis 2005.

Face au tollé qu'elle a suscité, le gouvernement envisagerait notamment de geler l'évolution des tarifs jusqu'à la présidentielle de 2012, a écrit vendredi le quotidien Les Echos.

Théoriquement, les prix du gaz doivent être revus le 1er juillet. Leur corrélation avec les cours du pétrole laisse présager une nouvelle hausse à cette date.

"La question (d'un gel, ndlr) se pose pour le 1er juillet mais le vrai sujet est celui du mode de calcul de ces tarifs", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

Selon cette source, il est envisagé de mettre en place une autre formule que celle prévalant actuellement, afin de mieux prendre en compte les prix du marché (prix "spot") au détriment des prix à long terme, moins avantageux.

Les prix "spot" comptent actuellement pour environ 10% dans le barème utilisé, et il serait envisagé de faire monter cette proportion à environ un quart, toujours selon la même source, qui confirme des informations des Echos et du Figaro.

Depuis début 2010, ce n'est plus le gouvernement qui propose les hausses ou les baisses de tarifs. C'est le groupe d'énergie GDF Suez, détenu à 35% par l'Etat, qui en prend l'initiative.

La Commission de régulation de l'énergie vérifie ensuite que les mouvements tarifaires réclamés par l'ex-Gaz de France sont conformes à la formule de calcul des prix, qui est censée refléter l'évolution du coût du gaz importé par la France.

La hausse des prix du gaz intervient dans un contexte de renchérissement général des prix de l'énergie: depuis un an, ils ont flambé de 15%, dans le sillage de la hausse des prix du pétrole brut, selon les chiffres de l'Insee pour le mois de février.

Les prix des carburants, qui ont atteint un niveau record à la pompe pour l'essence, ont augmenté de 17,3% en un an, selon l'Institut.

Les prix de l'électricité, qui ont augmenté de 6,4% depuis un an, seront également à l'ordre du jour de la réunion de Matignon. Selon un document évoqué dans la presse, EDF aurait demandé des augmentations du prix de l'électricté comprises entre 5,1% et 6,5% par an jusqu'en 2015, inflation comprise, soit environ 30% en cinq ans, une demande à laquelle s'oppose le gouvernement.