Retraites complémentaires: la CFTC permet la validation de l'accord

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Aprement discuté entre les partenaires sociaux, l'accord sur les retraites complémentaires du secteur privé, qui concerne près de 30 millions de personnes, sera finalement validé par la majorité des syndicats, après l'annonce mercredi de la signature de la CFTC.

Dernière organisation à se prononcer, la centrale chrétienne ne devait donner sa réponse que le 4 avril mais elle a hâté son processus de décision en réunissant dès lundi soir son bureau confédéral.

Elle s'est rangée, sans enthousiasme, aux côtés de la CFDT et de Force ouvrière parmi les partisans de l'accord qui règle --à moyen terme seulement-- les problèmes de financement des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés).

Pour être entériné, le texte négocié avec le Medef avait besoin de trois signataires. Mais trois organisations pouvaient aussi s'y opposer. La CGT et la CFE-CGC avaient annoncé en début de semaine qu'elles s'opposeraient et espéraient, sans trop y croire, que la CFTC viendrait les rejoindre.

Mais la centrale chrétienne n'a pas voulu prendre le risque de faire tout remettre à plat.

"On signe", a annoncé à l'AFP son président Jacques Voisin, en précisant que cette décision avait été prise à une "très large majorité" de 13 voix pour et trois abstentions.

"On n'est pas euphorique" devant cet accord, a-t-il toutefois souligné, en déplorant qu'il n'y ait "pas d'augmentation de cotisations" et donc "pas d'équilibre financier" des retraites complémentaires au-delà des prochaines années.

"On a sauvé l'essentiel", a estimé M. Voisin, sans cacher son "inquiétude" pour l'avenir.

De fait, la CFTC comme les autres syndicats signataires, bien que conscients des enjeux d'avenir, n'ont pas voulu inquiéter les salariés qui s'apprêtent à prendre leur retraite dans les mois ou les années qui viennent.

Déjà, le retard pris dans la signature de l'accord a entraîné un report au 1er juillet de la revalorisation des retraites complémentaires qui devait avoir lieu au 1er avril.

"La CFTC ne pouvait pas laisser les salariés dans l'inquiétude de l'après 2 juillet 2011 et ne leur donner comme unique perspective qu'une baisse de 20% de leur retraite", a indiqué le syndicat dans un communiqué.

En effet, de nouvelles négociations paritaires auraient entraîné, au moins provisoirement, l'arrêt de l'AGFF, la structure qui verse les retraites complémentaires entre l'âge légal de la retraite et l'âge du taux plein.

M. Voisin, tout comme Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) s'est félicité que l'accord prévoie pour la première fois une prolongation de sept ans de l'AGFF, jusqu'en 2018.

Ce dispositif, instauré en 1983 quand le départ à la retraite du régime général a été avancé à 60 ans, était jusqu'ici renégocié tous les deux ans.

Les signataires ont estimé positive également la stabilisation jusqu'en 2015 du taux de rendement des retraites complémentaires qui n'a cessé de baisser au fil des ans.

Mais pour la CGT et la CFE-CGC, opposées au texte, cet accord sacrifie le moyen terme au long terme. Le besoin de financement d'ici 2030 sera encore de 45 milliards, font-ils valoir. Et ce malgré l'alignement des régimes Agirc-Arrco sur la réforme des retraites de 2010, qui rapportera 74 milliards.

A l'inverse, pour le Medef, "avec cet accord historique, les partenaires sociaux ont su redonner aux régimes de retraites complémentaires une viabilité à long terme", et sans hausse des cotisations.

L'accord paritaire intéresse 17,5 millions de salariés du privé, dont 3,7 millions de cadres, et 11,2 millions de retraités.