Suicide d'une prof en 2008: Création d'une Commission sur les recrutements à l'université

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Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, a annoncé mercredi la création d'une Commission de déontologie pour le recrutement des universitaires, après le suicide en 2008 d'une enseignante qui venait d'apprendre sa non-titularisation à l'université de Brest. «Je souhaite que des procédures disciplinaires soient lancées par l'université et je mettrai en place une Commission déontologique», a déclaré Valérie Pécresse sur France Info.

Début octobre 2008, Marie-Claude Lorne, maître de conférence stagiaire en philosophie, s'était suicidée à Paris. Elle avait expliqué ne pas supporter le fait d'avoir vu sa titularisation rejetée. «En enquêtant sur les circonstances de sa mort, nous nous sommes aperçus qu'il y avait eu toute une série de dysfonctionnements au sein de l'université», a ajouté Valérie Pécresse. «Il n'y avait eu que deux personnes pour se prononcer sur sa titularisation et on lui a opposé un motif profondément illégal qui était qu'elle n'habitait pas Brest», a-t-elle expliqué.

Ces dysfonctionnements «engagent la responsabilité de l'Etat», a estimé Valérie Pécresse qui souhaite que l'enseignante «fasse l'objet d'une réhabilitation symbolique dans son droit à être titularisée». «La communauté universitaire doit se doter des règles qui lui permettront d'être irréprochable», a-t-elle ajouté.

La Commission éthique et déontologique scientifique et universitaire sera présidée par la philosophe Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France et présidente du comité de soutien à Marie-Claude Lorne. Elle visera «à garantir éthique et transparence à toutes les étapes de la carrière des enseignants-chercheurs qu'il s'agisse de leur recrutement et de leurs promotions», et sera chargée des questions du plagiat et des conflits d'intérêts, selon un communiqué du ministère.