Des syndicats pour un placement de Tony Meilhon en établissement de santé

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La CGT pénitentiaire et l'Ufap-Unsa de la prison de Vezin-le-Coquet, près de Rennes, ont demandé mercredi que Tony Meilhon, le meurtrier présumé de la jeune Laetitia, soit pris en charge dans un établissement de santé, après une nouvelle tentative de suicide de sa part.

Arrêté le 20 janvier, Tony Meilhon, 31 ans, a absorbé des médicaments mardi alors qu'il était détenu à la prison de Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine). Il a été hospitalisé au CHU de Rennes et son pronostic vital n'est pas engagé.

L'Ufap-Unsa a demandé, dans un communiqué, que Tony Meilhon "soit pris en charge par des professionnels du médical dans un établissement psychiatrique et non plus par des professionnels de sécurité dans un établissement pénitentiaire".

"Nous demandons à ce que la prison ne soit pas la roue de secours" des établissements psychiatriques, où les places sont limitées, a ajouté un représentant syndical à l'AFP, poursuivant: "Notre vocation est de garder, pas de donner des soins psychiatriques".

La CGT pénitentiaire a pour sa part demandé, par lettre au directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes, Yves Lechevallier, d'étudier "la possibilité de son transfert ou placement rapide vers une unité hospitalière", "mieux adaptée à la prise en charge de ce détenu".

"Je connais les risques de voir se multiplier de nouvelles tentatives de suicide" de Tony Meilhon, explique le secrétaire général de l'union régionale CGT pénitentiaire, Alexis Grandhaie, dans la lettre dont l'AFP a eu copie, en rappelant qu'il "n’en n’est pas à son coup d’essai".

"J’estime que l’administration fait courir de nombreux risques à nos collègues surveillants qui seront pointés du doigt et cloués au pilori si le pire devait arriver", poursuit-il.

Tony Meilhon avait déjà été hospitalisé après avoir absorbé des produits d'entretien, le 13 février. Il avait ensuite été placé en unité pour malades difficiles à Plouguernével (Côtes d'Armor).

Tony Meilhon était revenu depuis une quinzaine de jours à la prison de Vezin-le-Coquet. Selon des sources pénitentiaires, il avait demandé à rester en hôpital psychiatrique lors de sa réincarcération.

L'avocat de la famille d'accueil de Laetitia Perrais, Me Pascal Rouiller, a indiqué à l'AFP que "l'espoir des victimes que je représente, peut-être vain, reste que celui-ci collabore au plus tôt à l'enquête et nous explique ce qui paraît tragiquement inexplicable".

Laetitia Perrais, 18 ans, a disparu le soir du 18 janvier près de Pornic (Loire-Atlantique). Tony Meilhon a affirmé avoir accidentellement tué Laetitia mais a toujours refusé d'indiquer où il avait dissimulé le corps.

La tête, ainsi que les membres supérieurs et inférieurs de Laetitia ont été retrouvés le 1er février dans une carrière inondée à Lavau-sur-Loire (Loire-Atlantique). D'importantes recherches n'ont pour le moment pas permis de retrouver le tronc de la jeune fille.