Meurtre de Prescillia: le passage à l'acte d'un jeune adulte en perdition

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Un enfant en souffrance, puis un jeune adulte en perdition affective et sociale: tel est le portrait dessiné par les psychologues et les proches de Samuel Malécot, 24 ans, auteur présumé du meurtre et du viol de Prescillia, une adolescente de 13 ans, en octobre 2008, à Montsoreau, près de Saumur.

Cheveux bruns courts, veste grise et jeans foncé, Samuel Malécot est apparu plutôt éloquent le matin, au moment d'évoquer lui-même son enfance et son itinéraire, mais effacé l'après-midi lors de l'examen de sa personnalité par autrui, ne levant la tête de son box que lors du long témoignage de sa mère, au cours duquel il a pleuré.

Fille de harki, la mère est revenue sur la relation "fusionnelle" et sur-protectrice entretenue avec son fils, regrettant de ne pas l'avoir fait suivre par des psychologues lors de son enfance, marquée par des violences et disputes entre ses parents. Son père, alcoolique, a quitté le domicile familial alors qu'il n'avait que huit ans.

"Élève triste" et en difficulté scolaire dès la maternelle, Samuel Malécot a perdu à 17 ans sa seule soeur, de quatre ans son aînée, emportée par un oedème pulmonaire.

"Ca été le déclencheur de ses difficultés", a estimé sa mère à la barre. "Il était dans une grande détresse. Il n'a pas su me demander de l'aide et je n'ai pas su l'entendre à ce moment là, étant moi-même en souffrance", a-t-elle dit.

S'adonnant à l'alcool et au cannabis, Samuel Malécot enchaine ensuite les échecs professionnels et sentimental. Il fuit le domicile familial, "impuissant à consoler sa mère. (...) Il dit qu'il se sentait mauvais fils dans son regard et ne pouvait l'affronter", analyse Katy Lorenzo-Legreny, expert psychologue.

S'il a tué Prescillia Delaveau dans la nuit du 23 au 24 octobre 2008, après avoir passé l'après-midi en sa compagnie et celle de son frère, c'est "par peur de représailles" de ses frères, racontera-t-il aux enquêteurs.

Prescillia Delaveau avait été retrouvée morte le 26 octobre 2008 dans un moulin à proximité de son domicile, trois jours après sa disparition. Entendu en qualité de témoin durant les recherches, Samuel Malécot, un voisin de sa famille et un ami de ses frères, avait été confondu par son ADN et était passé aux aveux lors de son interpellation, quatre jours après la découverte du corps de l'adolescente.