Des postiers en grève dans tout le pays pour dénoncer un malaise social

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Les postiers ont répondu mardi à l'appel à la grève des syndicats de la Poste pour dénoncer un malaise social au sein du groupe, et participé à des rassemblements dans le pays, la direction annonçant un taux de 14,23% de grévistes, SUD de 20 à 25% et la CGT jusqu'à 35%.

A 18H00, la direction a annoncé dans un communiqué que l'appel à la grève de la CGT, SUD, CFDT, CFTC, FO, CGC et Unsa, avait "été suivi par 14,23% du personnel de la Poste" sur l'ensemble de la journée.

Dans un communiqué, SUD a évoqué "entre 20 et 25%" de grévistes, son représentant Régis Blanchot jugeant le résultat "moyen". SUD a toutefois souligné que la Poste devait "prendre toute la mesure du malaise social (...) et changer de politique".

De son côté, Colette Duynslaeger (CGT) a jugé la participation "bonne", évoquant un taux de grévistes de 30 à 35%, signe d'un "ras-le-bol qui s'exprime".

Tous les syndicats avaient appelé les salariés à se mobiliser pour dénoncer les conditions de travail, les restructurations et les pertes d'emplois.

La direction du groupe, qui emploie 276.000 salariés, dont environ une moitié de fonctionnaires, a fait valoir récemment qu'elle avait "le plus grand souci de la santé et de la qualité de vie au travail de tous les postiers".

Le groupe a souligné qu'il devait "s'adapter à son environnement", marqué notamment par une baisse du volume du courrier de 3,5% en 2010.

Interrogée à l'Assemblée nationale, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré que le gouvernement serait "attentif à ce que les changements nécessaires pour que la Poste demeure compétitive puissent s'effectuer sans heurts, sans brutalité".

Pour les syndicats, le malaise social est en grande partie lié à la situation de l'emploi, 11.700 postes ayant été supprimés en 2010, en raison de départs non remplacés. Selon SUD, 10.000 autres suppressions de postes devraient suivre en 2011, malgré l'annonce du recrutement de 4.000 personnes.

Pour illustrer ce malaise, les syndicats soulignent la multiplication des arrêts maladies, le coût des congés longue durée et congés longue maladie ayant augmenté de 4 millions d'euros sur deux ans.

A Paris, plusieurs centaines de postiers ont participé à une manifestation qui s'est achevée devant le siège du groupe.

Sylvie Bayle (CGT) a confié à l'AFP que "les postiers n'en peuvent plus", car "chaque jour on rogne sur nos acquis, y compris sur les congés pour enfant malade ou pour un enterrement".

A Marseille où une centaine de salariés ont manifesté, Jean-Luc Botella (CGT) a regretté une perte du "lien social", la flexibilité accrue faisant que "la population ne voit jamais le même facteur".

A Bordeaux, quelque 150 agents ont réclamé "l'arrêt immédiat des réorganisations incessantes", mais aussi "l'arrêt de la pression managériale", tandis qu'à Lyon, 150 à 200 salariés scandaient "Facteurs en colère!".

A Grenoble, où une centaine de postiers de l'Isère et de la Savoie se sont rassemblés, Marc Rieu (FO) a déploré l'installation de "machines à tout va dans les bureaux de poste", provoquant une détérioration des relations avec les clients.

De nombreux rassemblements dans tout le pays ont réuni notamment quelque 200 postiers à Quimper, 100 à 300 à Toulouse, 100 à Bonchamp près de Laval, une centaine à Metz, 70 à Saint-Brieuc, 70 à Besançon, une soixantaine à Rennes, une cinquantaine à Epinal...

A Lille, une centaine de postiers ont manifesté, munis de banderoles réclamant "l'arrêt des pressions, l'arrêt du stress au travail, l'arrêt de la mort au travail".