La star algérienne du raï Cheb Mami est en liberté conditionnelle

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La star algérienne du raï Cheb Mami, condamné en France à cinq ans de prison en 2009 pour violences sur son ex-compagne, est sorti de prison mercredi après sa libération conditionnelle accordée le 16 mars par la justice, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.

Cheb Mami est "sorti de prison à Melun mercredi à 09H00, il se porte très bien et on se réjouit de cette décision qui est une victoire", a annoncé à l'AFP Me Khaled Lasbeur.

"Il va reprendre ses activités professionnelles" et "il a changé de manager", a ajouté l'avocat.

Le juge d'application des peines de Melun a accepté le 16 mars la demande de libération conditionnelle du chanteur algérien, condamné le 3 juillet 2009 à cinq ans de prison pour tentative d'avortement forcé de son ex-compagne.

Il était incarcéré à Melun depuis cette date.

Concernant la possibilité de retourner en Algérie, Cheb Mami raconte dans une interview à VSD diffusée sur le site internet du magazine que "le juge d’application des peines, qu'(il) remercie pour sa décision, suivra (son) dossier de libération conditionnelle pendant un an encore".

"Si je veux voyager, il faut que je lui en fasse la demande au préalable", dit-il.

Cheb Mami avait été condamné notamment pour des "violences" avec circonstances aggravantes en 2005 à l'encontre de cette ex-compagne, une photographe de presse de 43 ans.

Elle a raconté avoir été amenée de force en août 2005 dans une villa à Alger après avoir annoncé sa grossesse au chanteur, qui y était opposé. Elle a dit y avoir été droguée et séquestrée, affirmant que deux femmes et un homme ont tenté de lui faire un curetage. Elle a finalement donné naissance à une fillette aujourd'hui âgée de quatre ans.

Après deux ans de fuite en Algérie, le chanteur s'était présenté à la justice, sa carrière semblant par ailleurs au point mort.

Lors de son procès, Cheb Mami avait demandé pardon à son ex-compagne.

"Je regrette tout ce qui s'est passé. Je lui demande pardon, je regrette", avait-il dit en invitant son ex-impresario, aussi impliqué dans l'affaire, à en faire de même.

Ce dernier, Michel Lecorre (Michel Lévy), qualifié d'"organisateur et instigateur" des actes de violences par le tribunal, avait écopé de 4 ans de prison.

S'il avait reconnu sa responsabilité, le chanteur avait néanmoins soutenu avoir été "piégé" par son entourage.

"C’est une grande satisfaction, une émotion, un immense soulagement pour moi que de retrouver ma liberté et bientôt ma famille", a dit le chanteur à VSD.

"Je veux absolument tourner la page sur le passé, sur ce passé précisément, et me consacrer à mon avenir, à mes proches, à ma famille et à tous mes projets artistiques", a-t-il ajouté.

En prison, "je n’ai pas joué de musique proprement dit mais j’ai presque entièrement composé un album derrière les barreaux, même s’il ne sera pas du tout question de prison dans les paroles", a-t-il déclaré.

"J’espère d’abord retourner rapidement dans mes studios d’enregistrement, à Oran, pour enregistrer cet album composé en prison (...) Ensuite, je rêve de donner deux grands concerts pour mon retour sur scène, d’abord en Algérie puis en France, ou pourquoi pas le contraire", a précisé le chanteur.

"Je sais que j’ai encore un public dans les deux pays, un public qui m’attend".