Des négociations tendues sur les retraites complémentaires

SOCIETE La dernière séance de négociations s'est achevée vendredi soir...

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La dernière séance de négociations entre patronat et syndicats sur les retraites complémentaires Agirc-Arrco s'est achevée vendredi soir dans une certaine confusion, après une douzaine d'heures de pourparlers ou d'apartés, la CGT et la CFE-CGC étant les seules à dire clairement qu'elles ne signeraient pas d'accord.

Pour qu'un accord paritaire soit entériné, il est nécessaire qu'au moins un syndicat signe, à condition que trois autres organisations ne contestent pas cette signature.

Les organisations syndicales donneront leur réponse la semaine prochaine par l'intermédiaire de leurs instances confédérales, à des dates différentes.

La CFDT prête à signer

La CFDT semble la plus disposée à signer. Son négociateur en chef Jean-Louis Malys a refusé de se prononcer devant la presse, se retranchant derrière la décision collective de l'organisation de François Chérèque. Mais il a détaillé les points positifs du texte, plusieurs fois remanié, du Medef.

«L'AGFF est prolongé jusqu'en 2018, c'est important, c'est nouveau», a-t-il dit. L'AGFF (Association pour la Gestion des Fonds de Financement de l'Agirc et l'Arrco), est un dispositif qui permet de «faire la jointure» entre les dates de départs à la retraite du régime général et celles des régimes complémentaires.

Jusqu'ici il était prolongé pour de très courtes périodes à l'occasion de chaque négociation paritaire.

«Pour les taux de rendement, on obtient quatre ans de stabilisation après 15 ans de dégradation», a également mis en exergue M. Malys.

Taux de rendement

Le patronat a proposé de stabiliser de 2012 à 2015 le taux de rendement des retraites complémentaires qui ne cesse de baisser, chaque euro cotisé donnant droit à une pension de plus en plus faible.

La CFDT s'est dite satisfaite également du projet du Medef de porter les bonifications familiales à 10% à partir de 3 enfants avec un plafond de 1.000 euros, tout en regrettant qu'il n'y ait pas de plancher.

FO, par la voix de son porte-parole Philippe Pihet, s'est dit partagé entre des avantages techniques (AGFF, taux de rendement, ...) et «l'affichage politique» du Medef qui s'est montré intraitable dans son refus de toute hausse des cotisations. La centrale de Jean-Claude Mailly réunira son bureau lundi pour donner sa réponse.

Des négociations bilatérales Medef-CFDT puis Medef-FO ont eu lieu en fin d'après-midi tandis que les autres organisations (CGT, CFE-CGC et CFTC) étaient restées à l'écart.

Cette préférence affichée de la délégation patronale pour des discussions approfondies avec la CFDT et FO a été critiquée par les autres organisations.

La CGT réfractaire

La CGT vers 19H00 a même menacé de quitter la réunion. «Il est probable que nous ne serons pas signataires», a déclaré le délégué cégétiste Eric Aubin.

Refus de signer aussi de la CFE-CGC. Selon sa négociatrice Danièle Karniewicz, par ailleurs présidente de la Caisse nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV), «les employeurs ont louvoyé (...) ils ont fait des allers-retours incessants», a-t-elle commenté, réfutant qu'il y ait eu de réelles avancées sur les rendements.

La CFE-CGC redoute plus que d'autres une fusion à terme des régimes Agirc et Arrco, qui signifierait la fin du statut de cadre. Un article du projet d'accord prévoit la constitution d'un groupe de travail «pour étudier les éléments de mise en cohérence» des deux régimes.

Quant à Pascale Coton, de la CFTC, elle s'est déclarée «déçue par la méthode» de négociation du Medef, regrettant que ses propositions de faible hausse des cotisations n'aient pas été retenues.

«On a fait des avancées considérables», a estimé pour sa part le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard, jugeant normal d'être «plus attentifs à des syndicats» semblant plus désireux de signer un accord.