Les pèlerinages forment la jeunesse

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D’après le consulat d’Arabie saoudite, un tiers des 25 000 musulmans de France partis, depuis fin décembre, faire le grand pèlerinage à La Mecque ont moins de 30 ans. Ce regain d’intérêt manifesté en particulier par les jeunes Algériens, Marocains et Turcs révèle un changement profond de conception. « Il y a cinq ans, les musulmans avaient à l’esprit qu’il fallait attendre la quarantaine pour effectuer ce devoir religieux fondamental, puisque c’est l’un des cinq piliers de l’islam », explique Khalil Merroun, recteur de la mosquée d’Evry. Aujourd’hui, « les pèlerins ne réalisent plus le hadj pour se purifier de leurs péchés, mais pour fonder une vie plus solide, plus sereine », précise Ahmed Bakcan, vice-président de la commission pèlerinage du Conseil français du culte musulman. D’après lui, les images de millions de musulmans tournant autour de la kaaba retransmises à la télévision ont un impact très fort sur des jeunes « en mal de spiritualité ». Autre explication de cet engouement : « Les jeunes sont de plus en plus pragmatiques, ils préfèrent partir avant d’être installés et d’avoir des enfants », estime Messaoud Boumaza, directeur de l’association des jeunes musulmans de Strasbourg. Parmi les recrues 2006, de jeunes couples pas forcément très pratiquants et de jeunes femmes actives, pas toujours voilées, qui pratiquent « un islam moins complexé », poursuit Messaoud Boumaza. Les moyens de transport diversifiés et la concurrence entre agences de voyages permettent de partir pour 2 000 E. Le pèlerinage se démocratise, et les jeunes comptent bien en profiter. L. de C.

drame Soixante-seize personnes sont mortes dans l’effondrement d’un hôtel, dimanche, à La Mecque. Parmi les victimes, treize personnes venues de France, la plupart d’Auvergne. L’hôtel était vétuste et avait largement dépassé ses capacités d’accueil.