Pour l'avocat de Dany Leprince, des faits nouveaux prouvent son innocence

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L'avocat de Dany Leprince a demandé jeudi à la Cour de révision d'annuler la condamnation de son client à perpétuité pour le meurtre de son frère et de sa famille en 1994, en affirmant que les nombreux faits nouveaux apparus depuis démontraient clairement son innocence.

Conscient des "réticences" que la justice française a toujours eu à prononcer des révisions, Me Yves Baudelot a assuré que l'affaire Dany Leprince était un cas d'école.

Les faits nouveaux apparus dans la procédure depuis la condamnation de Dany Leprince à la perpétuité pour un quadruple meurtre familial à Thorigné-sur-Dué (Sarthe) "font naître plus qu'un doute sur la culpabilité de Dany Leprince, ils établissent même son innocence", a plaidé l'avocat, "la preuve complète de son innocence".

"Concernant Dany Leprince, a-t-il dit, le doute, il est absolument partout. Il existait déjà devant la cour d'assises, il existe au centuple aujourd'hui!".

Le 1er juillet, la commission de révision des condamnations pénales avait relevé de nombreuses failles dans l'enquête et décidé de saisir la Cour de révision. Dans la foulée, elle avait ordonné la libération immédiate du condamné.

En 1997, la cour d'assises de la Sarthe avait reconnu Dany Leprince coupable des meurtres de son frère Christian, 34 ans, de sa belle-soeur Brigitte, 36 ans, et de ses nièces, Sandra, 10 ans, et Audrey, six ans, en septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué (Sarthe). Seule Solène, deux ans, avait miraculeusement échappé à la tuerie.

Accusé par sa femme et sa fille, dans des versions qui ont varié, Dany Leprince avait avoué en garde à vue le seul meurtre de son frère, avant de se rétracter. Il clame depuis son innocence.

Jeudi, Me Baudelot a rappelé que la décision de la commission de révision de libérer son client après 16 années de détention était "une décision exceptionnelle".

"C'est je crois la première fois, et la seule fois, que la commission de révision a suspendu l'exécution d'une condamnation. Il faut une conviction et des motivations exceptionnelles" et on "aurait du mal à comprendre à neuf mois d'intervalle que la Cour de révision puisse prendre une décision inverse". "Le renvoyer en prison, ce serait d'une cruauté insupportable."

"Seize ans, c'est une éternité quand on dit qu'on est innocent (...) Mais, à l'issue de ces 16 années, l'espoir a repris."