Procès en révision pour Dany Leprince qui veut être blanchi d'un quadruple meurtre

© 2011 AFP

— 

La Cour de révision réexamine jeudi la condamnation en 1997 de Dany Leprince qui se bat pour être innocenté du quadruple meurtre de son frère, de sa belle-soeur et de ses nièces.

Après seize années derrière les barreaux, Dany Leprince, 53 ans, était sorti de prison le 8 juillet dernier.

Le 1er juillet, la commission de révision des condamnations pénales avait relevé de nombreuses failles dans l'enquête qui avait mené à sa condamnation et décidé de saisir la Cour de révision. Dans la foulée, elle avait ordonné la libération immédiate du condamné, une décision rarissime qui atteste des doutes sérieux qui planent sur la culpabilité du Sarthois.

Dany Leprince est depuis soumis à un strict contrôle judiciaire. Interdit dans la Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire, il a choisi de s'installer à Marmande, dans le Lot-et-Garonne, où réside sa nouvelle femme, Béatrice.

En juillet, la commission avait épinglé de nombreux errements dans l'enquête judiciaire qui a conduit à sa condamnation, le 16 décembre 1997 par la cour d'assises de la Sarthe.

Il avait alors été reconnu coupable des meurtres de son frère Christian, 34 ans, de sa belle-soeur Brigitte, 36 ans, et de ses nièces, Sandra, 10 ans, et Audrey, six ans, en septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué (Sarthe). Seule Solène, deux ans, avait miraculeusement échappé à la tuerie.

Accusé par sa femme et sa fille, dans des versions qui ont varié, Dany Leprince avait avoué ces meurtres en garde à vue, avant de se rétracter. Il clame depuis son innocence.

La Cour de révision peut soit rejeter la requête de Dany Leprince et le réincarcérer, soit décider d'un nouveau procès, soit annuler purement et simplement sa condamnation.

Les révisions de condamnations pénales restent rares en France: depuis 1945, six accusés ont bénéficié d'une révision, décrochant finalement l'acquittement après un nouveau procès.

En avril 2010, la Cour a prononcé deux nouvelles révisions, celles de Marc Machin et de Loïc Sécher, mais les deux hommes doivent encore être rejugés par une cour d'assises avant de pouvoir être définitivement blanchis.