UFC-Que Choisir milite pour un meilleur respect des droits des consommateurs

CONSOMMATION L'association lance une campagne d'information pour son 60e anniversaire...

© 2011 AFP

— 

Le consommateur français ne connaît pas toujours tous ses droits selon l'association UFC-Que Choisir qui, pour son 60e anniversaire, veut combler cette lacune par une campagne d'information pour améliorer leur protection et militer pour la mise en place d'actions de groupe.

>> A suivre, le chat avec Nicolas Godfroy, juriste à l'UFC-Que Choisir

L'UFC-Que Choisir, qui fête ses 60 ans mardi, a réalisé douze fiches pratiques accompagnées de lettres-type «pour régler la plupart des litiges de la vie quotidienne: avec un banquier, un assureur, un fournisseur d'accès internet ou de téléphonie, un garagiste...»

Conflit avec les banques, les opérateurs téléphoniques

Ainsi, le client d'une banque dispose de cinq ans pour contester des frais irrégulièrement appliqués, explique l'association, qui a fait de la transparence des frais bancaires un de ses nombreux chevaux de bataille. De même, un assuré a 30 jours pour résilier un contrat en cas d'augmentation de sa prime qui serait ni légale ni contractuelle.

Ou encore, un abonné qui résilie son contrat avec un fournisseur d'accès à internet ou un opérateur de téléphonie mobile, ne peut pas se voir imposer un préavis supérieur à dix jours. UFC-Que Choisir veut également aider les Français à choisir des produits alimentaires de saison (poisson, fruits, légumes) afin d'optimiser leur dépenses tout en protégeant l'environnement.

«La hot-line contre-attaque»

Mardi, à l'occasion de la journée mondiale des droits du consommateur, des dizaines de milliers de clés USB contenant ces conseils et bien d'autres seront distribuées dans toutes les régions de France.

Le consommateur pourra retrouver ces conseils sur le site www.clesdelaconso.org, où une série de vidéos humoristiques («La hot-line contre-attaque», «Les aventuriers du crédit maudit») mettent en scène les mésaventures de consommateurs dont les droits ne sont pas respectés. L'association, qui édite le mensuel Que Choisir, offrira aussi un accès gratuit pendant un mois au site du magazine.

«Il y a un sentiment d'impunité de plus en plus criant»

Le droit des consommateurs, construit dans les années 1970 s'est depuis «complexifié, et surtout il a été de moins en moins appliqué», déplore Alain Bazot. Désormais, «l'enjeu va être de simplifier les droits et surtout de les rendre effectifs», estime-t-il. «On est inquiets, parce que la justice de proximité s'éloigne, on ferme les tribunaux d'instance, on développe la médiation, qui est un ersatz de justice», regrette-t-il.

L'UCF-Que Choisir réclame depuis 2005 la mise en place d'une action de groupe à la française, afin de permettre aux consommateurs, confrontés nombreux à des litiges de petite ampleur, de se regrouper pour mutualiser les frais de justice et obtenir réparation. «Il y a trop de cas qui se multiplient, de victimes qui ne sont jamais indemnisées, il y a un sentiment d'injustice, d'impunité, de plus en plus criant», ajoute-t-il.

L'UE, source d'inquiétude

En France, l'action de groupe, à laquelle le Medef est hostile, a été promise à plusieurs reprises par des gouvernements successifs, sans jamais aboutir. «Peut-être qu'elle arrivera par l'Europe, puisqu'il y a une grande consultation publique lancée par la Commission européenne», a fait valoir Alain Bazot, prévoyant un combat entre les entreprises qui y seront hostiles et les consommateurs qui la réclameront.

Mais l'Europe est aussi source d'inquiétudes, alors qu'une directive sur les droits de consommateurs est en préparation. «Comme le droit français est relativement en avance par rapport à d'autres pays, on risque de d'avoir une harmonisation par le plus petit dénominateur», redoute-t-il.