A La Mecque, treize victimes venues de France

© 20 minutes

— 

Les corps de quatre Algériens, portés disparus à la suite de l’effondrement de leur hôtel à La Mecque jeudi, ont été retrouvés et identifiés hier, portant à douze le nombre de morts au sein de ce groupe de pèlerins originaires d’Auvergne. Parmi les dix-huit fidèles partis de Lyon le 19 décembre dernier, quatre autres ont été blessés et seuls deux sont sortis indemnes de l’accident. Par ailleurs, une Tunisienne résidant à Villeurbanne (Rhône), qui n’appartenait pas à ce groupe et qui passait devant l’hôtel au moment de l’effondrement, a également été identifiée samedi parmi les victimes de la catastrophe. Le bilan définitif pourrait s’alourdir car l’identification des pèlerins originaires de France décédés dans l’effondrement de l’hôtel n’est pas terminée. « Ce qui s’est passé vient de Dieu et tout ce qui vient de Dieu, on l’accepte », explique Bekhta Belfodil, une jeune femme de 21 ans qui a perdu sa mère. Celle-ci se reposait à l’hôtel, après la prière, lorsque le bâtiment s’est effondré. Son père, qui ne l’avait pas suivi, est indemne. « Je suis pleine de tristesse car j’ai perdu ma maman, mais aussi pleine de joie, car elle est morte dans un lieu saint », affirme Bekhta, avant d’ajouter qu’elle « espère mourir dans les mêmes conditions ». Car « les musulmans qui meurent à La Mecque vont au paradis », précise son frère Hadj, 29 ans. Mais « c’est très difficile, ajoute t-il, il y a toujours le manque. » Son frère aîné préfère, lui, garder le silence. Samedi après-midi, Mahmoud Massali, le consul d’Algérie à Saint-Etienne, a rendu visite aux familles des Algériens résidant en Auvergne, accompagné notamment de l’imam de Clermont-Ferrand. Il s’est dit « très ému, très touché par ce drame ». Et Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a fait part samedi de sa « tristesse ». Conformément à la loi en vigueur en Arabie saoudite, les victimes ont été inhumées samedi soir sur place.

sécurité Quelque 60 000 agents de sécurité, de santé et de secours sont mobilisés pour le grand pèlerinage à La Mecque (le hadj), les autorités saoudiennes voulant éviter les incidents qui se sont produits lors des précédents pèlerinages. L’an dernier, 251 fidèles ont été tués dans une bousculade pendant la lapidation rituelle de Satan, à Mina, près de la ville sainte. Et en juillet 1990, 1 426 pèlerins étaient morts asphyxiés ou piétinés dans une gigantesque cohue.