Le PS, faute de successeur, salue son grand patron

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Après Jaurès, Blum et Mendès France, Mitterrand est entré au panthéon socialiste. Sans vrai successeur à gauche dix ans après sa mort, ni grand programme qui fasse rêver. Pour preuve de son écrasante notoriété, presque tous les intervenants du PS au congrès du Mans de novembre se sont fendus d’une référence à l’ancien président dans leurs discours. Lorsqu’il prend la tête du PS en 1971, Mitterrand n’était pas membre de la SFIO. Stratège hors pair, il parvient en moins de dix ans à imposer ce parti comme la première force de gauche, devant le PC, et à s’emparer du pouvoir. Porté en 1981 par un immense rêve populaire, il sera aussi celui qui convertit la gauche à la culture de gouvernement et à la Realpolitik de la rigueur. En souverain absolu, il tuera sa succession, torpillant Rocard en plein vol et laissant Jospin et Fabius s’écharper durant son double septennat. Déchiré par une guerre des clans, le PS n’a pas retrouvé un grand patron, l’épisode Jospin et son « droit d’inventaire » n’ayant été qu’un feu de paille. Au point qu’Arnaud Montebourg estime que « Mitterrand et Mendès, ce sont les deux en un seul qu’il nous faudrait »*. B. B. *Préface de Les socialistes au pouvoir, Françoise Seligmann (Michalon).