Une vie en contrastes, un homme de secrets

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Que reste-t-il de ses amours ? Une impression ambiguë tant la vie de François Mitterrand a été émaillée de zones d’ombre. La trajectoire politique de ce Rastignac prête déjà à confusion. Membre du mouvement de jeunesse des Croix-de-Feu durant ses études à Paris, il occupe un poste important sous le régime pétainiste de Vichy et reçoit même la Francisque en 1943. Dans le même temps, il entre dans la Résistance. Après la guerre, il commence sa carrière politique sous l’étiquette Action et unité républicaine, marquée à droite. Onze fois ministre sous la IVe République, notamment sous Pierre Mendès France, il amorce alors un virage à gauche. En 1959, c’est l’épisode de l’attentat de l’Observatoire, dont on ne sait toujours pas s’il a été commandité par Mitterrand lui-même. Ses deux septennats ont été marqués par le cancer dont il souffrait dès novembre 1981 et qui n’a été révélé qu’en 1992. Autre secret, autres mensonges : l’autre famille du Président. Jusqu’à la révélation de l’existence de sa fille, Mazarine Pingeot, en novembre 1994 dans Paris Match, François Mitterrand a tout fait pour protéger ce versant de sa vie privée. Allant jusqu’à mobiliser les moyens d’Etat, intimider les curieux, et systématiser les écoutes. Et c’est une odeur de soufre et de poudre qui entoure certaines de ses amitiés les plus proches : René Bousquet, préfet de Vichy, François de Grossouvre, le proche répudié qui se suicide dans son bureau de l’Elysée, ou encore certains chefs d’Etat africains que la France a protégés. Tout pour faire d’une simple vie un roman. David Carzon