Sarkozy offre à la police une com de crise

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Quelques jours après la polémique sur l’attaque du train Nice-Lyon et le silence des policiers sur l’affaire, le Journal officiel a publié hier un arrêté créant le service d’information et de communication de la police nationale (SICoP). Au cabinet de Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur, on parle de « simple réorganisation en interne pour améliorer la communication » des services de police. Cet organe est chargé des relations avec les médias en « situation de crise » et des « manifestations promotionnelles de la police ». Le ministère reconnaît qu’il travaille également à la future mise en place d’« un porte-parole officiel » à l’instar des pays anglo-saxons. Le syndicat des commissaires (SCHFPN) salue « ce premier pas : quand on communique dans des situations tendues, le public comprend ». Il reconnaît aussi que « la communication est un des objectifs prioritaires du ministre depuis son arrivée et que nous avons des instructions en ce sens ». C’est bel et bien ce qui inquiète un syndicat de policiers : « Ce service est créé pour contrer le fait que les syndicats parlent librement à la presse, il faut une voix officielle organisée. » Un membre du syndicat estime que « le ministère veut récupérer l’info car il sait que les faits divers intéressent. C’est comme en 2002, la présidentielle 2007 pourrait se faire sur la sécurité. » Interrogé sur la durabilité d’un tel outil, le syndicaliste relativise : « Quand Sarkozy quittera la Place Beauvau, tout redeviendra comme avant. » Arnaud Sagnard