Les antinucléaires manifestent à Paris et dénoncent les propos de Besson

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Quelque 300 personnes dont plusieurs personnalités écologistes et de gauche se sont rassemblées dimanche soir à Paris à l'appel du Réseau Sortir du Nucléaire en solidarité avec le Japon frappé par un tremblement de terre et un tsunami, et menacé d'un accident nucléaire majeur, a constaté une journaliste de l'AFP.

Anonymes, militants écologistes et antinucléaires, représentants des Verts, d'Europe Ecologie dont Eva Joly, Yves Cochet, Yves Contassot, Dominique Voynet et le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, se sont réunis à 19H00 sur le parvis du Trocadéro.

Ils ont allumé des bougies et déployé le long du mur qui se dresse face à la tour Eiffel une immense banderole sur laquelle on pouvait lire: "Le nucléaire tue l'avenir".

Plusieurs brandissaient des drapeaux portant le symbole nucléaire jaune et noir et d'autres un calicot sur lequel on pouvait lire: "Sortir de l'âge du nucléaire" ou "partager les ressources pour la justice et la paix".

"Avant on nous a expliqué que Tchernobyl était dû à une défaillance humaine intervenue dans un pays communiste avec du personnel pas assez qualifié (...). mais là, ça se produit au Japon, un pays construit avec des systèmes antisismiques, habitué, très bien organisé avec un personnel extrêmement qualifié", a commenté Eva Joly.

"Oser dire que les accidents nucléaires ont été pensés, intégrés dans la construction de nos centrales nucléaires (françaises) est scandaleux. C'est insultant", a ajouté Mme Joly en s'adressant à Eric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Energie.

"A croire que Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet ne regardent même pas CNN ! C'est nier la réalité, nier le fait que les Japonais sont en train d'essayer de refroidir les réacteurs avec de l'eau de mer, ce qui veut dire qu'ils sont désespérés", a-t-elle ajouté, dénonçant le "retard scandaleux de la France" en matière de développement des énergies renouvelables et "l'omerta qui règne dans le secteur du nucléaire en France".

Yves Cochet, député écologiste, a qualifié l'endommagement des centrales nucléaires japonaises d'"accident gravissime qui risque de se transformer en catastrophe".

"Cela va porter un coup mortel à l'industrie nucléaire japonaise (...) et à l'industrie nucléaire partout dans le monde" se chiffrant "en centaines de milliards d'euros", a-t-il dit.

Dominique Voynet, ancienne ministre Verts de l'Environnement, a elle aussi qualifié de "révoltante" la communication gouvernementale, estimant que ce qui se passe au Japon "peut très bien arriver en France".