«Le pouvoir d’achat conditionne l’avenir du low-cost»

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Directeur du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie. Le low-cost et Internet sont-ils devenus des outils incontournables pour le consommateur ? Oui, et ce phénomène est amplifié par la stagnation du pouvoir d’achat individuel, par l’envie des ménages de continuer à consommer et par l’innovation qui permet de renouveler l’offre. Internet est un acquis, on ne reviendra pas en arrière. Pour le low-cost, la situation est plus ambiguë. La progression de ce phénomène dépendra de l’évolution du pouvoir d’achat. Si ce dernier n’augmente pas, le low-cost pourra fortement progresser. Si la croissance revient, il se stabilisera et régressera dans certains cas. Le low-cost peut-il bousculer tous les secteurs d’activité ? Potentiellement, tous les marchés sont perméables, aucun n’est à l’abri. Pour autant, le low-cost ne cannibalisera pas tous les secteurs. Peut-on dégager une clientèle type de ces enseignes ? Il ne faut plus raisonner en termes de segmentation de consommateurs. Aujourd’hui, ce qui segmente, ce sont les occasions de consommer. Concrètement, une famille peut acheter son eau de source dans un hard discount et son fromage de qualité chez le commerçant de son quartier. On parle de consommateur schizophrène. Je le trouve au contraire plutôt logique et cohérent. Recueilli par D. C.