Des profs désormais réquisitionnables

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L’Education ne veut pas souffler sur les braises. Aujourd’hui entre en vigueur le décret permettant à un chef d’établissement de désigner un enseignant pour remplacer un collègue absent. Le principe est le suivant : un professeur de français absent doit être remplacé soit par un autre professeur de français, soit, par exemple, par un de ses collègues d’anglais, qui dispensera un cours d’anglais. Jusque-là, ces remplacements se faisaient sur la base du volontariat, en échange d’heures supplémentaires majorées. Pour le moment, Gilles de Robien ne veut pas encourager proviseurs et principaux à utiliser ce décret, source de conflit. « Nous estimons que 75 % des établissements ont signé un protocole d’accord pour réunir des volontaires, expliquait-on hier au cabinet du ministre de l’Education. Pour les 25 % restants, nous allons leur laisser le temps de trouver un accord basé toujours sur le volontariat. » Des propos qui n’apaisent pas les inquiétudes de Bernard Boisseau, cosecrétaire national du Syndicat national des enseignants du second degré : « Nos enquêtes ont montré que beaucoup de chefs d’établissement ont élaboré seuls ces protocoles sans l’accord des enseignants. » A la Fédération syndicale unitaire (FSU), Gérard Aschieri estime que le mal est fait. « Le décret existe et on peut obliger les chefs d’établissement à l’appliquer, explique le secrétaire général de la FSU. Quand un chef d’établissement n’aura pas de moyens pour assurer les remplacements et qu’il aura les parents d’élèves sur le dos, il pourra difficilement éviter de désigner un remplaçant. » De son côté, Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa-Education, estime qu’il est nécessaire de « jouer le jeu de la négociation jusqu’au bout. Personne n’a d’intérêt à aller au conflit. Nous ne sommes pas contre les remplacements sur la base du volontariat, mais nous refusons qu’ils soient imposés. » David Carzon

Etampes Pas de rentrée aujourd’hui au lycée Louis-Blériot d’Etampes (Essonne), où une enseignante a été agressée fin décembre par un élève. Les profs doivent rencontrer le recteur et l’inspectrice d’académie, le maire de la ville et le procureur de la République. Ils critiquent la direction du lycée, trop laxiste selon eux, et réclament une nouvelle politique de discipline. « Il faut que ça change. Si les autorités ne nous annoncent rien, les cours ne reprendront pas », a prévenu hier un professeur.