Vers un classement de l’affaire Humbert

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Il n’y aura sans doute pas de procès de l’euthanasie. Le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Gérald Lesigne, a requis hier un non-lieu à l’encontre de Marie Humbert et du docteur Frédéric Chaussoy, poursuivis pour avoir aidé à mourir en 2003 Vincent Humbert, tétraplégique de 22 ans. A l’époque, cette affaire avait relancé en France le débat sur l’euthanasie, provoquant en avril dernier un vote du Parlement pour « un droit à laisser mourir », mais sans légaliser l’euthanasie médicale. Ce non-lieu requis signifie donc l’abandon par le parquet des poursuites d’« administration de substances toxiques » – un délit passible de cinq ans de prison – contre Marie Humbert et d’« empoisonnement avec préméditation » – crime susceptible de la réclusion à perpétuité – contre Frédéric Chaussoy. Le dénouement appartient au juge d’instruction, libre de suivre les réquisitions ou de renvoyer les prévenus devant la justice. Hier, Frédéric Chaussoy, chef de service au centre de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), a qualifié les réquisitions de non-lieu d’« excellente nouvelle », réaffirmant qu’il n’a « aucun regret ». « Si demain, il fallait aider de nouveau des patients, j’assure », a-t-il déclaré. En revanche, Marie Humbert a, elle, dénoncé « l’hypocrisie de la justice », alors qu’elle voulait se servir du « procès de (son) fils » comme d’« une tribune pour débattre » de l’euthanasie. Vincent Humbert est mort le 26 septembre 2003. Tétraplégique, muet et quasi aveugle après un accident de la route, il avait obtenu de sa mère qu’elle lui injecte un barbiturique, le plongeant dans le coma. Puis, le docteur Chaussoy lui avait administré une dose mortelle, pour éviter qu’il ne s’étouffe « peu à peu». B. B.

Vincent Dans ses derniers mois, Vincent Humbert, qui ne communiquait que par pression du pouce droit, avait écrit à Jacques Chirac, lui réclamant le droit de mourir et de « trouver un moyen de crever ».