Chirac entame l’année par la levée de l’état d’urgence

© 20 minutes

— 

Un signe d’apaisement. Jacques Chirac a décidé hier de lever l’état d’urgence décrété le 8 novembre pour mettre fin aux émeutes dans les banlieues. Cette décision est effective dès demain. Prorogé par l’Assemblée nationale pour une durée maximale de trois mois le 21 novembre, l’état d’urgence pouvait donc être maintenu jusqu’au 21 février. Le président de la République a indiqué avoir pris sa décision après avoir reçu le Premier ministre. D’après une source proche du gouvernement, Dominique de Villepin, qui craignait une flambée de violences plus grave lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, a fait valoir que « les conditions sont désormais réunies pour un retour au calme pérenne ». Une manière de dire que le Premier ministre n’a pas agi sous la pression de l’opposition, critique sur l’état d’urgence depuis la soirée du 31 décembre. Cette nuit-là, 425 véhicules ont été brûlés (contre 333 en 2004) malgré un dispositif de sécurité exceptionnel, qui a mobilisé 25 000 policiers et gendarmes. Reste que la décision du chef de l’Etat revêt avant tout une portée symbolique. Le décret permettant l’application d’un couvre-feu n’aura été appliqué que par six maires. Egalement peu utilisées, d’autres dispositions exceptionnelles (procédures assouplies pour les assignations à résidence, les interdictions de réunions, les perquisitions...) prennent fin avec la levée de l’état d’urgence. L’état d’urgence avait auparavant été appliqué quatre fois. En 1955, 1958, et 1961 dans le cadre de la guerre d’Algérie, puis en 1988, en Nouvelle-Calédonie. S. C.