L'homme d'affaires Takieddine, cité dans l'affaire de Karachi, interpellé

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L'homme d'affaires libanais Ziad Takieddine, intermédiaire présumé de l'affaire Karachi, a été interpellé samedi au Bourget alors qu'il rentrait de Libye, les douanes ayant saisi 1,5 million d'euros en liquide à bord de l'avion qui le transportait, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny.

Placé en garde à vue, il a été remis en liberté dimanche soir, mais une enquête préliminaire, portant sur des "manquements aux obligations déclaratives" et une "suspicion de blanchiment", a été ouverte, a indiqué le parquet, confirmant des informations de l'Express.fr. L'avion avait été affrété par Tripoli, selon le site internet.

L'enquête a été confiée au Service national de la douane judiciaire.

Deux journalistes du Journal du Dimanche se trouvaient également dans l'avion, de retour de Tripoli où ils avaient réalisé une interview du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, selon le site de l'hebdomadaire. Ils n'ont pas été inquiétés.

Sollicité par l'AFP, l'avocat de M. Takieddine, Me Olivier Pardo, s'est refusé à tout commentaire.

Olivier Jay, directeur de la rédaction du JDD a "refusé de confirmer ou d'infirmer la présence de deux journalistes du JDD" dans l'avion en provenance de Tripoli, a-t-il dit à l'AFP.

Ziad Takieddine est présenté par plusieurs anciens responsables de la Direction des constructions navales (DCN) comme un intermédiaire imposé par le cabinet de l'ancien ministre de la Défense balladurien, François Léotard, peu de temps avant la conclusion de la vente au Pakistan de sous-marins Agosta en 1994.

M. Takieddine dément être intervenu dans le contrat pakistanais mais reconnaît avoir joué un rôle dans le contrat Sawari II de vente de frégates à l'Arabie Saoudite en 1994. Il est visé depuis l'automne 2010 par une enquête pour faux témoignage.

Onze Français travaillant à la construction de ces sous-marins ont été tués dans un attentat à Karachi en mai 2002.