Procès L’auteur présumé d’un hold-up commis en 1980 est jugé à partir d’aujourd’hui

© 20 minutes

— 

C’est une jeune fille de 20 ans qu’on soupçonne de braquage, c’est une femme de 46 ans qu’on s’apprête à juger. Hélène Castel comparaît entre aujourd’hui et vendredi devant la cour d’assises de Paris pour un hold-up commis il y a vingt-cinq ans. L’accusée a été arrêtée en 2004, trois jours avant la prescription de son affaire. Le 30 mai 1980, sept malfaiteurs pénètrent dans une agence parisienne de la BNP. Ils se font ouvrir les coffres, mais sont vite encerclés par la police. Des coups de feu sont échangés. Le directeur de la banque est blessé et un braqueur tué. Trois de ses complices sont arrêtés, trois autres s’enfuient. Parmi eux figurerait Hélène Castel, inconnue de la police, mais reconnue par des témoins. Elle est condamnée par contumace à la perpétuité le 15 mai 1984. Ses trois complices écopent de huit à dix ans de prison. Les braqueurs ont autour de 20 ans à l’époque des faits. Ils sont proches de l’extrême gauche selon les enquêteurs. Faux, rétorquent leurs avocats. Hélène Castel n’aurait jamais été retrouvée sans la création fin 2003 de l’Office central chargé des personnes recherchées ou en fuite. Les enquêteurs découvrent qu’elle s’est installée à Xalapa, au Mexique. Rebaptisée « Florencia Rivera-Martin », elle est devenue psychothérapeute. Elle a une fille, Maria, de 20 ans. Le monde d’Hélène-Florencia s’écroule quand elle est interpellée le 12 mai 2004. Elle est incarcérée à Fleury-Mérogis, d’où elle obtient un nouveau procès. Puis elle est libérée le 22 juillet dernier. « C’est un procès un peu dérisoire, on va juger une personne qui n’a rien à voir avec ce qu’elle était lors des faits », estime Henri Leclerc, son avocat, qui relève néanmoins : « Cette audience peut lui permettre de trouver une solution à sa vie, car elle restait quelqu’un en fuite, qui a vécu vingt-cinq ans avec ce poids. » S. C.