Le Mémorial de la Marseillaise, premier musée dédié à l'hymne national

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Premier musée consacré à l'hymne national, le "Mémorial de la Marseillaise", inauguré jeudi à Marseille, raconte à travers une exposition multimédia la naissance d'un chant révolutionnaire devenu emblème républicain après avoir été popularisé par les fédérés de la cité phocéenne.

"Il y avait un véritable paradoxe à ce qu'aucun lieu, aucun musée, aucun mémorial ne soit consacré à l'hymne de notre nation, alors même que son histoire est intimement liée à notre pacte républicain", a dit le ministre de l'Education Luc Chatel en inaugurant le musée qui ouvrira ses portes au public le 8 mars.

Situé rue Thubaneau en plein quartier populaire de Belsunce, le Mémorial a été installé à l'emplacement de l'ancien Club des Jacobins d'où les Fédérés marseillais partirent en 1792 pour Paris en entonnant le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, composé quelques semaines plus tôt par Rouget de Lisle.

Baptisé par les Parisiens "La Marseillaise", ce chant a été officiellement adopté comme hymne national par la République française le 14 juillet 1879.

"Ce sont les racines même de la liberté politique, de la démocratie, de la République qui sont expliquées et célébrées autour de notre hymne national", a affirmé Jean-Claude Gaudin, le sénateur-maire de Marseille, où seule une plaque commémorative rappelait jusqu'ici cet épisode.

Sur 300 m2 conçus par l'architecte André Stern, avec la ville comme maître d'ouvrage, le Mémorial propose un parcours multimédia qui permet de s'immerger dans l'Histoire, de la Convocation des Etats Généraux en 1789 jusqu'à la naissance de la République française, le 22 septembre 1792.

"La Marseillaise, c'est d'abord une histoire d'hommes, de femmes et d'enfants. C'est une histoire belle, il fallait donc la raconter avec sensibilité, qu'on frappe les pavés de la Révolution, qu'on sente l'odeur de la poudre", explique l'architecte, qui a souhaité conserver les vestiges historiques du bâtiment, un temps à l'abandon et qui abrita des bains maures.

Organisé sur trois salles, le parcours visuel et sonore fait revivre Marseille telle qu'elle était à l'époque. Neuf bustes animés racontent la Révolution, jusqu'à la naissance du chant révolutionnaire dont plusieurs dizaines de versions peuvent être écoutées.

Dans l'ancienne salle du Jeu de Paume où les révolutionnaires marseillais avaient entendu et adopté le chant composé à Strasbourg, des images projetées sur le mur raconte la montée des fédérés vers Paris, grâce notamment à des extraits du film La Marseillaise de Jean Renoir.

Voulant souligner l'actualité du message républicain, le Mémorial présente d'autres événements révolutionnaires récents à travers le monde. "Avec ce qui se passe aujourd'hui, on va pouvoir ajouter la Tunisie, l'Egypte et je l'espère la Libye", se réjouit M. Stern.

Pièce-clé du musée: la robe tricolore conçue pour la cantatrice Jessye Norman pour la célébration du bicentenaire de la Révolution sur les Champs-Elysées en 1989, et prêtée par le couturier Azzedine Alaïa.

Le musée, dont le chantier de quelque 4,5 millions d'euros avait démarré en juin 2008, a une capacité d'accueil de 100.000 personnes par an.

"Le mémorial a un triple objectif culturel, pédagogique et touristique. Il participera au rayonnement de notre ville capitale européenne de la culture en 2013", a ajouté M. Gaudin.