Précarité énergétique: le gouvernement annonce des mesures

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Alors que les prix de l'énergie s'envolent et que l'hiver semble s'éterniser, le gouvernement a installé mardi un Observatoire de la précarité énergétique et révélé des mesures pour aider notamment les 3,4 millions de ménages qui y consacrent plus de 10% de leurs ressources.

Le même jour, le ministre de l'Energie, Eric Besson, a annoncé que le rabais pour le tarif social du gaz allait augmenter de 20% et qu'il allait mettre en place, avec GDF Suez, une "prime à la casse" pouvant aller jusqu'à 250 euros pour le remplacement des chaudières anciennes.

"Avec les contrats (d'approvisionnement signés par GDF Suez) aujourd'hui en vigueur, la hausse des cours du pétrole aboutit à une augmentation de 5% des tarifs du gaz au 1er avril prochain", déclare le ministre dans un communiqué audio et vidéo mis en ligne sur le site du ministère.

"Afin d'aider les foyers les plus modestes, j'ai décidé d'augmenter de 20% le rabais social dont ils bénéficient", ajoute-t-il. "Pour un foyer de 4 personnes qui se chauffe au gaz, la réduction annuelle passera ainsi de 118 à 142 euros", précise-t-il.

Rappelant que 800.000 ménages sont éligibles au tarif social du gaz mais que seulement 300.000 en bénéficient réellement, M. Besson déclare "souhaite(r) que l'attribution de ce tarif social soit désormais automatique sur la base des fichiers dont disposent les organismes sociaux".

Un arrêté allant en ce sens sera pris avant le 31 juillet, assure-t-il.

Par ailleurs, le ministre annonce la mise en place "avec GDF Suez d'une +prime à la casse des chaudières anciennes+", qui pourra aller jusqu'à 250 euros, pour aider les ménages à installer des équipements plus économes en gaz.

Un Français sur dix, soit 6,5 millions, "a souffert du froid en janvier car mal chauffé", a assuré de son côté la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet à l'occasion de l'installation de cet Observatoire.

"Il faut agir sur les causes de la précarité", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse.

L'Observatoire de la précarité énergétique devra "mesurer l'évolution de ce phénomène et identifier les zones les plus concernées", ainsi qu'"assurer le suivi des aides financières publiques et privées apportées aux ménages précaires".

La réduction de la fracture énergétique s'annonce d'autant plus difficile que les ménages visés sont plutôt âgés (55% d'entre eux ont plus de 60 ans) et habitent principalement dans des maisons anciennes construites avant 1975 dans des zones rurales.

Philippe Pelletier, le président du comité stratégique du plan bâtiment Grenelle, avait préconisé, l'an dernier, un plan global de près de 4 milliards d'euros en 10 ans pour aider ces plus démunis à réduire leurs factures de chauffage et d'électricité.

Car, paradoxe difficilement compréhensible sauf par défaut d'information ou par gêne de les demander, les tarifs sociaux de l'énergie profitaient à moins de la moitié de leurs ayants droit potentiels, estimés à environ 2 millions, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE)

Pire encore, le nombre de foyers bénéficiaires du tarif social de l'électricité, qui était encore de 940.000 fin décembre 2009, a chuté à 650.000 (-31%) fin 2010.

Le gouvernement avait déjà lancé l'an dernier le programme "Habiter mieux".

Doté de 1,25 milliard d'euros (500 millions des Investissements d'avenir de l'Etat et 750 millions de l'Agence de l'habitat, Anah), il doit aider, d'ici 2017, à la réalisation de travaux de rénovation thermique pour 300.000 logements.