Mediator: Jacques Servier entendu par la justice comme témoin début février

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Le président des laboratoires Servier fabricant le Mediator, Jacques Servier, a été entendu comme témoin début février dans l'enquête sur ce médicament anti-diabétique accusé d'avoir provoqué la mort de centaines de personnes, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

M. Servier a été entendu lors d'un "interrogatoire de contexte" à une date non précisée dans le cadre de l'enquête préliminaire du parquet de Paris, a précisé cette source.

Des perquisitions avaient été menées le 7 février au siège des laboratoires Servier. Ces perquisitions ont permis d'obtenir des documents en lien avec des contrats conclus avec d'anciens responsables de l'Afssaps (agence du médicament), a-t-on ajouté.

Deux informations judiciaires contre X ont été ouvertes à Paris à la mi-février dans l'affaire du Mediator, les élements de l'enquête préliminaire ayant été versés à ces procédures.

La première information, ouverte pour "tromperie aggravée", devrait être "la plus opérationnelle" et permettre de démontrer si "les dangers" du Mediator "ont été dissimulés" par le laboratoire Servier.

La seconde a été ouverte après le dépôt de nombreuses plaintes pour "homicides et blessures involontaires". Cette dernière information judiciaire "sera très longue", selon la même source.

Une troisième procédure a été ouverte devant le tribunal de Nanterre où débutera, le 26 septembre, un procès pour "tromperie aggravée" contre les laboratoires Servier et son fondateur, Jacques Servier, la présidente de la 15e chambre, Isabelle Prévost-Desprez, s'étant déclarée compétente pour juger deux citations directes.

Le tribunal de Nanterre pourrait toutefois se dessaisir de cette affaire au profit du tribunal de Paris, qui mène les investigations.

La Mediator, un anti-diabétique des laboratoires Servier prescrit comme coupe-faim, est accusé d'être à l'origine de plusieurs centaines de décès. Il a été retiré du marché en novembre 2009.

Plus de 300 plaintes ont été déposées à Paris dans ce dossier, auxquelles se sont jointes l'assurance-maladie, la Mutualité française, ainsi que l'association UFC Que Choisir.