Une ligne SNCF vandalisée dans les Alpes, 30.000 voyageurs touchés par des retards

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Une ligne SNCF des Alpes, stratégique dans l'acheminement des vacanciers des stations de ski, a été bloquée pendant plusieurs heures samedi par un acte de vandalisme qui a provoqué des retards pour environ 30.000 voyageurs.

Guillaume Pepy, président de la SNCF, a fait le déplacement en gare de Chambéry, où il s'est dit "furieux" de la "destruction" de câbles de signalisation et d'alimentation, sectionnés à la scie près d'Albertville sur la ligne Chambéry-Bourg-Saint-Maurice, extrêmement chargée en cette période de séjours au ski.

"J'espère bien qu'on trouvera le ou les coupables très rapidement et qu'ils seront poursuivis et sanctionnés", a déclaré M. Pepy, confiant dans le fait que tous les voyageurs puissent rentrer chez eux "dans la soirée ou cette nuit", alors que les passagers exaspérés se pressaient sur les quais.

"Je suis à Chambéry depuis une heure et pour l'instant on ne nous a donné aucune explication... Mais c'est un acte de malveillance, ce n'est pas la SNCF qu'il faut incriminer", a déclaré parmi eux Michèle, 54 ans, dont le train à destination de Lille avait trois heures de retard.

Entreprises à la mi-journée, les réparations ont pris fin vers 18H00 et la circulation a repris après plusieurs heures de perturbations, qui ont touché "30.000 voyageurs au total", selon le dernier bilan de la SNCF, qui avait initialement avancé le chiffre de 40.000 personnes touchées.

"On réinjecte les trains au fur et à mesure dans le trafic. On peut considérer que le problème sera réglé vers 23H30, lorsque les derniers trains arriveront à Bourg-Saint-Maurice", a précisé à l'AFP le directeur de cabinet du préfet de Savoie, Xavier Idier.

Certains trains comptent "jusqu'à quatre heures de retard, notamment sur les grands axes, mais la situation est calme et la Croix-Rouge est présente dans les gares", a-t-il poursuivi.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Thierry Mariani, a de son côté dénoncé un possible "sabotage".

"S'il s'avère que c'est du sabotage avéré, j'espère que la justice sera d'une rigueur exemplaire, parce que des dizaines de milliers de voyageurs, des dizaines de milliers de familles (...) vont subir cinq heures, six heures, sept heures de retard à cause de quelques voyous", a déclaré M. Mariani.

"La date n'est pas innocente: c'est l'un des plus gros retours de vacances dans une zone stratégique", a-t-il dit, s'étonnant de surcroît que les câbles aient été "coupés à des endroits importants".

Qualifiant l'incident de "vandalisme ou de vol de cuivre", la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) a quant à elle annoncé qu'elle allait lancer "un plan d'urgence pour améliorer la sécurisation des voies" ferroviaires.

"Plusieurs mesures sont envisagées", a ajouté NKM. Elle a cité "un contrôle renforcé des installations, un marquage des cables pour gêner la revente et la mise en place d'un dispositif d'alertes automatiques par GSM en cas de rupture de cables".

La SNCF est de plus en plus souvent confrontée à des vols de câbles, particulièrement en cuivre, qui ont doublé avec l'envolée des cours, provoquant des retards pour les trains. En septembre 2010, la société dénombrait quarante vols de câbles par semaine et évaluait son préjudice à plusieurs dizaines de millions d'euros.