Sahel: les trois otages libérés reçus par le président Sarkozy à Paris

© 2011 AFP

— 

Libérés après cinq mois de captivité au coeur du Sahel, trois ex-otages d'Al Qaïda Maghreb islamique (Aqmi) --une Française, un Malgache et un Togolais-- ont été reçus samedi à Paris par le président Nicolas Sarkozy, au surlendemain de leur libération.

La présidence française n'a pas publié de communiqué, probablement dans un souci de discrétion, quatre otages, tous Français, restant encore aux mains de leurs ravisseurs.

Les trois ex-otages, la Française Françoise Larribe, le Malgache Jean-Claude Rakotorilalao et le Togolais Alex Kodjo Ahonado sont arrivés, accompagnés de membres de leurs familles vers 14H30 (13H30 GMT) à l'Elysée, peu après leur rapatriement en avion.

Ils avaient été relâchés dans la nuit de jeudi à vendredi dans une zone située près du point de jonction entre les frontières de l'Algérie, du Mali et du Niger, théâtre d'opération d'Aqmi.

Cheveux gris coupés courts, Mme Larribe, paraissant en bonne santé, était encadrée de ses deux filles, qui lui tenaient la main. En septembre dernier, peu après son enlèvement, un de ses proches avait dit qu'elle était sous traitement médical, consécutif à une chimiothérapie.

Tous sont ressortis du palais de l'Elysée à 15h15 (14H15 GMT), sans faire de déclaration.

Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, le groupe nucléaire français pour qui travaillaient, directement ou indirectement, les otages, les accompagnait.

C'est sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit (nord du Niger), exploité par Areva, qu'avaient été enlevés le 16 septembre 2010 les sept otages, dont cinq travaillaient pour son sous-traitant Satom (filiale de Vinci).

En milieu de journée, Anne Lauvergeon était allée attendre les trois ex-otages à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, où ils étaient arrivés en provenance de Niamey à bord d'un avion de l'armée française.

"Les pensées des deux groupes Areva et Vinci sont maintenant tournées vers ceux qui sont encore en captivité. Les deux groupes souhaitent que le même heureux dénouement se produise le plus rapidement possible", a dit un porte-parole d'Areva.

Le gouvernement nigérien s'est déclaré "heureux" de la libération des trois otages. "Il y a un processus (de négociations avec Aqmi) qui est mis en place, qui implique beaucoup d'acteurs qu'il faut saluer et encourager, et ce processus est en train d'aboutir", a dit à Niamey son porte-parole Laouali Dan Dah, sans plus de précision.

Quatre Français, tous des hommes, restent aux mains d'Aqmi: Daniel Larribe, cadre du groupe Areva et époux de Françoise Larribe, Thierry Dol, Pierre Legrand et Marc Ferret.

Aqmi, qui avait revendiqué l'enlèvement des sept otages cinq jours après le kidnapping, avait demandé le 18 novembre à la France de négocier leur sort directement avec Oussama ben Laden.

Paris avait rejeté ces exigences, refusant que "sa politique soit dictée de l'extérieur par qui que ce soit".

Le 21 janvier, le chef du réseau Al-Qaïda avait lui-même lié le sort des otages français au retrait de forces françaises en Afghanistan (quelque 3.750 soldats).

Dans un message sonore diffusé par la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira, Oussama ben Laden avertissait que les positions du président Sarkozy coûteraient "cher" à la France.

Selon une source proche de la médiation malienne et nigérienne ayant participé aux négociations, une rançon aurait été payée en échange de la libération des otages.

Le 7 janvier, deux jeunes Français avaient été enlevés au coeur de Niamey par des ravisseurs opérant pour Aqmi et tués le lendemain au Mali lors d'une opération militaire franco-nigérienne pour les libérer.

Sept Français sont encore retenus en otages à l'étranger: en plus des quatre Français du Sahel, un agent des services de renseignement en Somalie, Denis Allex, et deux journalistes de la chaîne publique France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, enlevés en Afghanistan.