Le sort de MAM scellé, incertitude sur l'ampleur du remaniement

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Le sort de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie est scellé, selon plusieurs ténors de la majorité, et son départ du gouvernement pourrait intervenir dès dimanche lors d'un remaniement que Nicolas Sarkozy pourrait choisir de ne pas limiter au seul Quai d'Orsay.

"Pour MAM, c'est fait. Le président a arrêté sa décision, elle s'en va", assurait samedi un ténor de la majorité, confirmant les informations obtenues la veille par l'AFP auprès de deux ministres.

Selon plusieurs sources, la chef de la diplomatie française serait remplacée par le ministre de la Défense, Alain Juppé. Son départ du Quai d'Orsay pourrait avoir lieu dès dimanche après son retour, dans la nuit de samedi, d'un déplacement au Koweit.

"Je travaille. Je suis 100% mobilisée en tant que ministre des Affaires étrangères. Je ne commente pas les rumeurs parisiennes", a-t-elle déclaré à des journalistes en marge de ce déplacement.

Selon 20minutes.fr, elle a indiqué n'avoir aucun "rendez-vous" prévu avec le chef de l'Etat mais qu'elle lui téléphonerait dimanche matin "pour lui rendre compte de son action comme (elle) le fait à chaque fois".

Interrogée sur la déclaration de son compagnon et collègue au gouvernement, Patrick Ollier, affirmant vendredi qu'il quitterait son ministère des Relations avec le Parlement si elle était limogée, la ministre a répondu: "C'est sans doute une boutade. En tout cas une jolie preuve d'amour".

Vendredi soir, 45 parlementaires UMP, dont des membres de son mouvement "Le Chêne", ont publié une lettre ouverte pour apporter leur "soutien à l'ensemble du gouvernement" et dénoncer les attaques "médiocres" du PS contre MAM.

Selon des ministres, la situation est toutefois devenue intenable et "il faut stopper ça" car "Michèle Alliot-Marie a dévissé et entraîne tout le monde". "La séquence de la présidence française du G20 est importante et en tant que ministre des Affaires étrangères, elle sera très en vue, au côté du chef de l'Etat. Or, à son poste, l'action ne permet pas d'effacer l'image" ternie par l'affaire à rebondissements de ses vacances en Tunisie, a expliqué l'un d'eux.

"C'était bien la peine de nous demander pendant des semaines de monter au créneau pour la défendre coûte que coûte... A force de ne jamais vouloir réagir à chaud, on agit toujours avec un train de retard", se lamentait samedi une source parlementaire UMP.

S'il s'est refusé à tout commentaire vendredi lors de son déplacement en Turquie, le chef de l'Etat --qui a regagné samedi après-midi l'Elysée pour recevoir les trois otages libérés au Niger et leurs familles-- réfléchit à différents scenarii, selon plusieurs sources gouvernementales.

Circonscrire le remaniement au seul remplacement de MAM? Ou en profiter pour effectuer des modifications plus importantes et tenter de redonner un nouveau souffle à son équipe, trois mois seulement après le grand remaniement de novembre et à un peu plus d'un an de la présidentielle?

"Mystère... La boule va rouler sur la roulette pendant tout le week-end", commente un ténor de la majorité.

Pour remplacer M. Juppé à la Défense, plusieurs noms circulaient ce week-end, dont celui du patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, mais aussi celui du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, lequel pourrait alors céder la place place Beauvau au secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant.

Le remaniement pourrait aussi voir l'arrivée de deux ou trois secrétaires d'Etat --centristes et libéraux notamment-- plusieurs fois annoncée et différée.

Quant à M. Ollier, son sort semble en suspens et pas obligatoirement lié à celui de sa compagne.