Mediator: Jacques Servier quitte la présidence du «G5» des laboratoires français

SANTE Il reste président des laboratoires Servier...

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Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée.
Jacques Servier, président du laboratoire éponyme, devant l'Elysée. — FACELLY / SIPA

Le président des laboratoires Servier, Jacques Servier, a décidé de quitter la présidence du «G5», qui rassemble cinq des principaux groupes pharmaceutiques du pays, «pour se consacrer essentiellement à la défense de son groupe», a annoncé l'organisation mardi.

Cette annonce avait été précédée la semaine passée par la suspension par Les Entreprises du médicament (Leem), syndicat patronal du secteur, de la participation de Servier à ses instances. 

«Circonstances exceptionnelles»

«En raison des circonstances exceptionnelles qui touchent son laboratoire, le docteur Jacques Servier a fait part de sa décision de ne plus être président du G5 pour se consacrer essentiellement à la défense des intérêts de son groupe pendant la période actuelle», précise le G5 dans un communiqué. Le groupe Servier reste toutefois membre de cette organisation, qui regroupe également Ipsen, Pierre Fabre, Sanofi-Aventis et le Laboratoire français de fractionnement et des biotechnologies (LFB). Le président d'Ipsen Marc de Garidel a été élu pour remplacer M. Servier comme président du G5.

Les membres du G5 rappellent par ailleurs leur volonté de «servir au mieux le malade par l’innovation, la juste prescription et le suivi de tous leurs médicaments» et de «développer avec les professionnels de santé et les autorités (...) des relations qui participent à la sécurité sanitaire et à la confiance des patients». «Dans cet esprit, les groupes français du médicament soutiennent les propositions de réforme du secteur vers plus de transparence. Notamment, ils approuvent pleinement l’idée de publier la liste des liens entre experts et laboratoires, ainsi que le montant des sommes versées», ajoutent-ils.

Fonds d’indemnisation

Le Leem avait annoncé le 19 janvier avoir «suspendu» la participation de Servier à ses instances pour engager «sereinement» des discussions avec les pouvoirs publics sur la refonte envisagée du secteur. Commercialisé en France de 1975 à 2009, le Mediator, médicament de Servier pour diabétiques en surpoids largement détourné comme coupe-faim, est accusé d'avoir causé plusieurs centaines de décès en France.

Les laboratoires Servier se sont par ailleurs dits lundi «prêts à participer à la mise en oeuvre d'un fonds d'indemnisation» des victimes du Mediator, tout en confirmant que cette décision ne «remet(tait) pas en cause la défense de leurs droits dans le cadre des procédures pénales et civiles en cours ou à venir».